Le travail n’est plus ce qu’il était!

DP + livre + quoteSelon Denis Pennel, pour répondre aux attentes nouvelles des collaborateurs, le modèle de travail salarié du siècle dernier doit s’adapter aux évolutions actuelles.

Au XXe siècle, on pouvait encore appliquer au monde du travail les trois règles de la tragédie classique : il y avait à la fois unités de lieu, de temps et d’action. Aujourd’hui, le travail a perdu cette caractéristique essentielle. Les nouvelles technologies et la dématérialisation des processus permettent diverses formes de télétravail : à domicile, dans des espaces de coworking, dans des lounges d’aéroport, etc. Il y a en outre une porosité croissante entre vies professionnelle et privée. La journée de travail est flottante : on consulte des mails de chez soi ou sur le trajet du bureau, en soirée ou le week-end.

Lorsqu’on examine la relation entre modèle économique et forme dominante d’emploi, on constate que chaque révolution industrielle a mené à l’émergence d’une forme généralisée de travail. Dans l’Antiquité grecque et romaine, l’esclavage en était la forme la plus répandue. Au Moyen Âge, cela a évolué vers le servage où, tout en restant sous la supervision d’un seigneur, le travailleur était plus libre et rémunéré en partie. Au XIXe siècle, on a assisté à l’apparition de l’artisan et du travail indépendant et, au XXe siècle, à la généralisation du salariat.

Aujourd’hui, nous vivons une révolution industrielle menant à l’apparition de formes de travail fort différentes, telle que la recrudescence du travail indépendant. C’est que les profils et les attentes des travailleurs ont aussi évolué. La population active n’a jamais été aussi bien formée et éduquée qu’aujourd’hui. Dans les années 1950, rares étaient les travailleurs qui disposaient d’un diplôme de fin d’études secondaires. Seule une très faible proportion allait à l’université. La situation est radicalement différente de nos jours. De même, dans les années 1950, il n’existait qu’une trentaine d’États démocratiques, contre plus d’une centaine aujourd’hui, selon l’ONU. Cette évolution fait que le citoyen s’est habitué à plus de liberté et d’indépendance, mais aussi à participer plus activement aux prises de décisions. Dans ce contexte, on a parfois l’impression que ce mouvement s’est arrêté aux portes des entreprises.

L‘intégralité de l’article paru dans Infos Entreprendre peut être lue ici

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Révolution du travail: les défis des entreprises du XXIè siècle

Entretiens AcademieDenis Pennel, auteur, conférencier et Directeur général de la World Employement Confederation, est intervenu dans le cadre des Entretiens de l’Académie. A cette occasion, Il a présenté son dernier ouvrage « Travail, la soif de liberté: Comment les start-uppers, slashers, co-workers réinventent le travail » publié aux éditions Eyrolles en septembre 2017début d’année.

La video peut être vue ici

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Nous sommes en plein cœur d’une révolution du travail

DP + livreDans son dernier ouvrage, « Le travail, la soif de liberté », Denis Pennel, Directeur de la World Employment Confederation s’interroge sur les mutations majeures que connait le monde du travail. Multiforme, collaboratif, agile, individualisé, ce nouveau monde du travail vient remettre en cause le modèle du salariat. L’auteur propose, entre autre, 25  réformes, afin de garder le meilleur du salariat et du statut indépendant. Entretien. 

Quelles réflexions vous ont mené à écrire «Travail, la soif de liberté »?

Nous sommes en plein cœur d’une révolution du travail. Le travail est devenu multiple et protéiforme. Les actifs se définissent désormais de façon polycentrique : je suis ingénieur commercial mais également professeur de yoga, photographe amateur, bénévole dans une association humanitaire… Il y a déjà en France 2,3 millions de pluri-actifs, qui cumulent une activité salariale avec un travail d’indépendant ou qui ont plusieurs emplois salariés en même temps. Et ce chiffre ne tient pas compte d’une part majoritaire de la population qui développe des activités rémunératrices via les plateformes numériques (ebay, Uber, Le Bon Coin, Deliveroo etc.).

De plus, se développe une aspiration profonde à devenir acteur de sa vie professionnelle et réintroduire l’esprit d’entreprenariat dans la relation de travail, en sortant des sentiers trop balisés et contraignants du salariat. Une soif de liberté qui concerne tous les types de travailleurs : aujourd’hui, en tant que citoyen, nous sommes tous habitués à pourvoir choisir notre vie sexuelle, notre pratique religieuse ou spirituelle, notre façon de consommer… Pourquoi le monde du travail échapperait-il à cette tendance de fond ?

Libérer le travail, c’est le rendre accessible au plus grand nombre. Sur ce point l’échec du salariat dans sa forme actuelle est patent : persistance d’un chômage structurel élevé, exclusion des plus défavorisés du marché du travail, reproduction des élites, polarisation des emplois au détriment des classes moyennes. Si le salariat a tourné à plein régime durant les Trente Glorieuses pour intégrer une population active de plus en plus nombreuse et diversifiée (arrivée des travailleurs immigrés, entrée des femmes sur le marché du travail), le modèle a commencé à caler à la fin du XXème siècle avant de se gripper définitivement à l’entrée du XXIème siècle, n’arrivant plus à garantir le plein emploi.

Pensez-vous qu’il s’agit de la fin du salariat tel qu’il existait jusqu’alors? Pourquoi ?

L’emploi salarié a cadenassé le travail. La bureaucratisation du salariat (notre code du travail est passé de 600 articles en 1972 à plus de 8.000 aujourd’hui) a enfermé les individus dans des jobs hyper-cadrés, subis, sans marge de manœuvre. Le travail est prisonnier aujourd’hui de ses lois, de ses acquis sociaux, de ses normes, de la fausse perception d’un modèle monolithique protecteur, le CDI.

D’où les phénomènes de burn out (épuisement professionnel) et de bore out (ennui profond par manque d’intérêt de son travail). En outre, le salariat est basé sur une relation de subordination, c’est-à-dire la possibilité pour un chef de donner des ordres, de contrôler exécution et de sanctionner). Cette « servitude volontaire » ne correspond plus aux attitudes des citoyens, qui ont une soif de liberté dans le travail ! Conséquence : seulement 13% des salariés français sont motivés au travail[1].

Il est indispensable d’adapter le travail à l’environnement économique et social du 21ème siècle. Car de nombreux enjeux nouveaux sont apparus, que le salariat fordiste n’avait pas prévu : fin de l’unité de temps et de lieu du travail, concurrence entre travailleurs au niveau mondial, travail en ligne, population active vieillissante, mobiquité due aux nouvelles technologies, porosité croissante entre salariat et travail indépendant etc.

L’intégralité de l’interview peut être lue ici

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Travail : après la servitude, la liberté?

Radio CanadaChaque période de développement de l’humanité a connu son modèle de travail : dans les temps anciens, l’esclavage; puis le servage au Moyen-âge. Au 20e siècle, c’est le salariat qui domine dans les pays développés. Aujourd’hui, on assiste à une remise en question de ce modèle. Et si l’informatisation et l’intelligence artificielle libéraient l’homme du travail?

La radio publique canadienne Radio-Canada m’a interviewé pour discuter de l’évolution de l’emploi et échanger sur le contenu de mon livre « Travail, la soif de liberté » (Eyrolles), dans le cadre de sa série sur les mutations du travail.

 

L’intégralité de l’interview sur Radio-Canada peut être ré-écoutée ici

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Les slasheurs se multiplient: en Belgique, plus de 200.000 personnes cumulent plusieurs jobs

200.000 Belges cumulent plusieurs jobs

En Belgique, plus de 200.000 personnes exercent plusieurs métiers. Certains le font par obligation. D’autres posent le choix d’embrasser une carrière multiple. Ils sont banquier/boulanger, « instagrameur »/ mannequin, patron d’agence de com’/ prof d’éducation physique, consultant financier/fromager… On les appelle les « slasheurs ». Et ils sont de plus en plus nombreux.

La capacité à appréhender des tâches multiples serait même un phénomène générationnel, estime Denis Pennel, directeur de la World Employment Confederation et auteur de Travail, la soif de liberté (éditions Eyrolles) :  » La jeune génération est habituée au multitasking, elle fait plusieurs choses en même temps. Le slashing répond sans doute à cette nouvelle donne. Le marché du travail de demain sera multiple. Pourtant, les entreprises sont restées assez monolithiques.  » Les choses sont en train de changer, notamment sous la pression des plateformes numériques qui sont apparues ces dernières années, perçoit Denis Pennel. Des acteurs du web comme Uber ou Deliveroo bousculent des secteurs traditionnels comme le transport de personnes ou la livraison de repas. Des plateformes comme Upwork, qui met en relation des donneurs d’ordre et des free-lances, ou Amazon Mechanical Turk, spécialisée dans les petits boulots (sous) payés à la prestation, disruptent également le marché du travail.

Au point de poser la question fondamentale du salariat dans l’économie actuelle. Loin d’être en voie de disparition, celui-ci représente encore la plus grande part de l’emploi dans notre économie : 3,9 millions de salariés pour 680.000 indépendants, selon le SPF Economie. Mais au vu des mutations décrites ci-dessus, la proportion de travailleurs free-lances est probablement amenée à augmenter dans le futur :  » Le salariat ne va pas disparaître demain, mais sa part dans l’emploi va diminuer, avance Denis Pennel. Le salariat s’est imposé comme modèle dominant de la société industrielle. Mais il pourrait n’être qu’une parenthèse de l’histoire. Après la production de masse, on assiste à un renouveau de l’artisanat. Le travailleur ne doit plus compter sur une structure pour s’assurer un emploi, mais créer ses revenus professionnels en prenant les choses en main. C’est le retour de l’entrepreneuriat.  » Un terrain de jeu idéal pour les slasheurs.

L’intégralité de l’article publié par Trends-Tendance peut être lu ici

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« Demain, nous assisterons au retour de l’artisanat de masse »

Extrait de l’interview publiée pour le magazine Usbek & Rica. L’intégralité de l’article peut être lue ici.

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Auteur, conférencier, défricheur, influenceur… Denis Pennel est à l’image de la nouvelle réalité du travail qu’il décrit dans son livre : protéiforme. Dans son dernier livre, publié à la rentrée – Travail, la soif de liberté (Eyrolles, 2017) – il dépeint une société bouleversée, dans laquelle le travail tend de plus en plus à se détacher du salariat, du temps, des cadres, des institutions et de l’entreprise classique. Un nouveau monde dont il ne faut pas avoir peur, assure-t-il. Entretien. 

 

Dans votre nouveau livre « Travail, la soif de liberté » (Eyrolles), vous avancez que c’est en grande partie la demande des consommateurs qui va modifier le travail. Que voulez-vous dire exactement ?

Durant tout le XXe siècle, nous avons vécu dans une économie de « rattrapage » : il fallait produire en masse des produits standardisés pour un maximum de gens. Dans ce contexte, le salariat s’est imposé comme la norme, avec des syndicats puissants et des emplois quasiment assurés « à vie ». Dans son programme de 1981, Mitterrand prônait ainsi « le salariat pour tous » avec, si possible, le même statut pour tous les salariés que ceux de la fonction publique. Un dogme qui n’a pas fait long feu. Aujourd’hui, nous sommes, à l’inverse, dans « l’économie de l’abondance » : il suffit d’aller sur un site de vente en ligne pour avoir accès à des milliers d’offres et services. Ce que réclament les gens, désormais, c’est plus de produits personnalisés et délivrés à la demande. L’entreprise doit fournir des biens et services qu’elle n’a même pas encore fabriqués !

 

On assiste donc à un retour de l’artisanat ?

Exactement. On peut même parler du salariat comme d’une simple parenthèse dans l’histoire du travail. Avant la révolution industrielle, beaucoup de travailleurs étaient établis à leur compte : paysans propriétaires, vendeurs itinérants, commerçants… Demain, nous assisterons au retour de « l’artisanat de masse », avec des petits producteurs agricoles ou des créateurs indépendants. On voit aussi le retour, dans les centres-villes, d’épiceries de quartier sous la forme de franchises, tandis que le modèle des grands centres commerciaux est, quant à lui, plutôt sur le déclin.

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Vie professionnelle : « il y a une soif de liberté et une envie profonde de sortir du salariat »

libertéDans son dernier essai, Travail, la soif de liberté, Denis Pennel, directeur général de World Employment Confederation, revient sur les changement en cours sur le marché du travail. Entre les slashers – ces actifs qui mêlent plusieurs activités, par besoin financier ou pour exercer des missions plus satisfaisantes que leur job alimentaire – mais aussi les indépendants, les startuppers, les makers, etc., il estime que la servitude volontaire des individus au salariat est proche de la fin. Les actifs rêvent d’être davantage d’autonomie et si le CDI reste, encore aujourd’hui, le Graal pour s’intégrer à la société, son rôle de moins en moins protecteur montre les limites d’un cadre en voie d’obsolescence.

L’intégralité de l’interview peut être lue sur le site de Mode(s) d’Emploi

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