Révolution numérique: la grande arnaque?

MarianneLe magazine Marianne consacre sa une à l’impact du digital sur le monde du travail, avec une vision très critique. Dans son article, Hervé Nathanse demande si l’économie numérique sera le cheval de Troie espéré par les économistes libéraux pour déréguler enfin l’économie française ? S’ils gagnent, les conséquences sociales, sociétales et politiques seront difficiles à gérer.

Extraits:

« Le cœur de la société contemporaine est donc attaqué économiquement et déstabilisé politiquement (lire l’interview de Daniel Cohen, p. 20). Dans l’entourage de François Hollande, on a bien vu venir le mur pour la gauche. «Il nous faut éviter la constitution d’un nouveau prolétariat», dit-on. Mais – et c’est bien le problème – «sans tuer la poule aux œufs d’or du numérique…» C’est tout le dilemme du gouvernement : Emmanuel Macron soutient ouvertement les «entreprises disruptives» dans une perspective «schumpéterienne» de création/destruction. Il voit dans les champions du Net français, comme BlaBlaCar, les futurs membres du CAC 40 qui détrôneront la vieille économie industrielle, forcément frileuse et conservatrice, quand Manuel Valls dénonce, lui, «la loi de la jungle» de l’ubérisation !

Pour résoudre l’équation impossible entre travail salarié (24 millions de personnes) et le travail indépendant (2,8 millions, en hausse rapide après un long déclin), Bercy a donc lancé une sorte de concours Lépine juridico-social, pour définir ce que les Echos nomment déjà «le travailleur postsalarié». Denis Pennel, directeur de la Fédération européenne des employeurs du travail temporaire, penche pour un «statut de l’actif». David Ménascé, de son côté, propose un «statut du microfranchisé» pour les indépendants travaillant pour les plates-formes. Hervé Novelli, ex-ministre de Nicolas Sarkozy et père de la loi sur les autoentrepreneurs, prédit l’avènement du «prestataire dans l’entreprise», débarrassé du code du travail mais inséré dans le process de travail. Et le député socialiste Pascal Terrasse est chargé par le Premier ministre d’étudier un «statut du travailleur collaboratif».

(…)

Hervé Novelli confie à Marianne : «Si on veut développer le travail indépendant, il faut organiser la convergence des systèmes de protection sociale entre salariés et indépendants. C’est le nœud gordien…» Mais, prévient-il, c’est un problème redoutable puisque, pour lui, il n’est pas question d’étendre la protection collective obligatoire, la Sécu et les caisses de retraite complémentaire aux indépendants dont pourtant le régime est déficient. Un point de vue assez proche de celui de Nicolas Colin, très écouté à Bercy (il est à la fois inspecteur des finances et e-entrepreneur…), et pour qui la société occidentale se trouve face «aux mêmes troubles que dans les années 30, avant la mise en place du Welfare State [l’Etat social] aux Etats-Unis et en Europe. Il y a donc urgence à installer des dispositifs adaptés de protection sociale, qui rapprochent les salariés et les travailleurs indépendants…»

L’article de Marianne peut être lu ici

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