Quel statut pour les travailleurs 2.0 ?

Extraits de l’article de Benoît Georges publié dans Les Echos le 6 octobre 2015

L’essor des plates-formes pour indépendants, sur le modèle d’Uber, préfigure un monde où le salariat ne sera plus la norme. Cela va nécessiter la création de nouveaux filets de sécurité.

De là à en déduire que le salariat tel que nous le connaissons est condamné à plus ou moins brève échéance, il n’y a qu’un pas que plusieurs analystes n’hésitent plus à franchir. « En France, nous avons la perception d’être face à une crise de l’emploi – ce qui n’est pas faux quand on regarde les chiffres du chômage. Mais cette crise de l’emploi cache une révolution du travail, et un changement structurel de la façon de travailler, estime Denis Pennel, qui dirige la Confédération mondiale des services privés pour l’emploi (Ciett) et vient de rédiger pour le think tank Génération libre un rapport prônant la création d’un « statut de l’actif ». « Je suis convaincu que l’on a atteint le point culminant du salariat dans nos économies développées. » Une perspective qui, jusqu’à présent, intéressait peu le monde politique, trop occupé à débattre des 35 heures ou du statut de la fonction publique. Mais la situation évolue un peu, comme en témoigne le lancement par Nathalie Kosciusko-Morizet (Les Républicains) d’un cycle de réflexion sur la fin du salariat (« Les Echos » du 5 octobre 2015).

Les conditions de vie d’un consultant en stratégie travaillant à son compte, d’un designer free-lance, d’un chauffeur Uber ou d’un « prestataire de services » sur Leboncoin n’ont bien sûr pas grand-chose à voir. Mais tous sont confrontés au même problème : le droit du travail, en France comme aux Etats-Unis, n’est pas encore adapté à leur situation. Qu’il s’agisse de protection sociale, de dialogue social ou d’accès au crédit et au logement, le modèle dominant repose avant tout sur le salariat – au détriment de ceux qui sont en dehors. Certes, des outils ont été mis en place (statut d’autoentrepreneur, portage salarial…), mais « le Code du travail ne couvre à 99 % que le travail salarié, à l’exception de certains articles portant sur des professions par nature indépendantes (journalistes pigistes, professionnels du spectacle, travailleurs à domicile…), note Denis Pennel. Il est devenu à la fois trop complexe et incapable de défendre les nouvelles formes d’emploi. »

L’article des Echos peut être lu ici

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