Demain tous intermittents?

subwayCes dernières années se sont développées de nombreuses formes d’emploi en marge de salariat. Au point de préfigurer la fin du modèle dominant du traditionnel CDI ?

Denis Pennel, directeur général de la Fédération mondiale des agences d’intérim, qui a écrit un livre sur cette question (1), le croit. « Je pense que nous allons vers un emploi à géométrie beaucoup plus variable. Le salariat a bien correspondu au modèle économique des Trente Glorieuses où il fallait produire des biens de consommation standardisés. Mais, depuis, les choses ont changé. Avec la concurrence mondiale, les entreprises n’ont plus de visibilité sur leurs commandes et sont réticentes à embaucher en CDI. » Parallèlement, ajoute l’expert, « avec le chômage, le contrat social sur lequel était basé le CDI, où le salarié acceptait le lien de subordination en échange d’une sécurité de l’emploi, ne tient plus. Il y a aussi de plus en plus de souffrance au travail. Le salarié peut alors trouver un intérêt à l’autonomie. »

Alors faut-il dire au revoir au CDI à temps plein avec un seul employeur ? On n’en est pas encore là : pour l’instant, 90 % de la totalité des emplois sont salariés, 87 % des salariés du privé sont en CDI et 84 % à temps plein. Plusieurs évolutions grignotent toutefois le modèle : plus de neuf embauches sur dix se font en CDD ou en intérim, le tiers des CDI ont une durée de vie de moins d’un an, un salarié sur six travaille à temps partiel…

Dans un contexte où près d’un actif sur dix est au chômage, des formes hybrides de travail se développent. Près de 40 000 personnes travaillent en multisalariat dans un groupement d’employeurs. Autant vendent leurs services comme des indépendants tout en se faisant salarier en passant par des sociétés de portage. Autre voie, près de 100 000 intermittents du spectacle vivent à la fois de leurs cachets et des indemnités de chômage. Et 1,8 million de chômeurs en « activité réduite » font des petits boulots sans parvenir à sortir des statistiques de Pôle emploi. Enfin, le statut d’autoentrepreneur a séduit 1,3 million de personnes, dont 90 % gagnent toutefois moins que le smic.

L’article publié dans La Croix peut être lu ici

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