Où va le travail?

modern office4 (2)Article extrait du blog de Martin Richer

Pour faire bouger le travail, il faut d’abord faire bouger nos représentations du travail. Si l’on fait une recherche sur le mot « travail » dans Google Images, on voit apparaître des photos du film de Chaplin « Les Temps modernes »ou des représentations du« tripalium », cet instrument d’immobilisation et de torture utilisé par les Romains pour punir les esclaves rebelles, d’où provient supposément le mot français « travail ». Mieux encore, avec le mot « industrie », dominent les images de cheminées fumantes d’usines, les icônes et panneaux signalant le danger, les photos de centrales nucléaires ou d’usines modernes, froides et lisses, sans aucun travailleur à l’intérieur. Google, qui ne domine pas (encore ?) le monde mais modèle déjà nos inconscients, nous montre que le travail est associé à la souffrance et aux nuisances. Pire : en cherchant à évacuer ces nuisances, il semble bien que c’est aussi l’homme que nous soustrayions ainsi du travail et de ses lieux d’exercice…

Son de cloche à peu près similaire sur le plan des publications. Comme le déclarait Marc Andreesen, concepteur du premier navigateur graphique, Mosaic, et désormais l’un des plus influents venture capitalists du marché, dans le Wall Street Journal : « le logiciel dévore le monde » et la technologie détruit emplois et travail. Dès 1996, Jeremy Rifkin annonçait  » La Fin du travail « , un livre qui s’est vendu davantage encore en France qu’aux Etats-Unis. C’est un sentiment de « dévoration » du travail qui domine. Le travail est peu à peu évacué du champ de l’entreprise.

Ce sentiment paraît fondé si l’on se réfère également à d’autres observations :

  • Les pure players du Net (Google, Amazon, Facebook), ajoutés aux fournisseurs d’infrastructure (Microsoft, Apple, Intel) emploient à eux tous 250 000 personnes, là où General Electric à elle seule employait à sa grande époque 300 000 salariés.
  • De son côté, l’INSEE indiquait dans une étude sur « combien d’emplois occupe-t-on dans sa vie professionnelle avant d’atteindre l’âge de 40 ans » qu’un individu né dans les années 1940 exerçait 2,7 emplois en moyenne, contre 4,1 emplois pour ceux nés dans les années 1960. Les mutations permanentes de l’emploi changent nécessairement notre rapport au travail. Le ministère du travail américain prévoit qu’un étudiant actuel aura occupé entre 10 et 14 emplois différents quand il atteindra l’âge de 38 ans (cf. livre  « Travailler pour Soi » de Denis Pennel – Seuil 2013)
  • Aux Etats-Unis, on notait que dans le Top10 des métiers en 2010 (par le nombre de recrutements), aucun n’existait en 2004.

L’intégralité de l’article peut être lue ici

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