Une boîte et un boulot uniques, non merci !

salariat-en-europe«Slasheurs, auto-entrepreneurs, intérimaires… les nouvelles formes d’emploi se multiplient et témoignent d’une remise en cause du rapport à l’entreprise. Fini, le CDI ? Menacé, le salariat ? Pas encore. Zoom sur des travailleurs atypiques et heureux de l’être.

GENERATION SLASH. Moussa Kébé est un «slasheur». Dérivé du signe typographique slash (/), cet anglicisme désigne un travailleur qui cumule plusieurs emplois par choix. De plus en plus nombreux, les slasheurs ne sont que le dernier avatar d’une nouvelle génération de travail leurs: autoentrepreneurs, managers de transition, intérimaires, indépendants en portage salarial… Ces statuts professionnels remettent en question les deux piliers de l’emploi en France: le salariat et le contrat à durée indéterminée. Certes, les salariés en CDI représentent 77% des individus sur le marché de l’emploi. Mais le modèle se fissure, au profit notamment des contrats à durée déterminée: entre 2003 et 2013, leur nombre a augmenté de 80%.

Le phénomène tient bien sûr à un environnement économique dégradé, marqué par la multiplication des plans de départ volontaire et des licenciements. Il est le reflet d’un marché qui offre peu de perspectives de retour à l’emploi traditionnel. Cette transformation est d’ail leurs actée par la population: 65% des cadres estiment que le CDI ne sera plus la norme dans l’avenir [baromètre 2014 de la Fondation ITG] . Ils sont même 87% à penser devoir expérimenter plusieurs statuts dans leur carrière.

QUETE DE SENS. L’essor de ces emplois hybrides tient aussi aux profondes évolutions qui traversent une société gagnée par la globalisation et la mobilité. Pour caractériser ces changements, les sociologues ont forgé le concept de «mobiquité». Il désigne la condition de ces nouveaux travailleurs, tenus d’être à la fois mobiles et accessibles vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Comme si nous étions destinés à ressembler à nos smartphones, en devenant nous-mêmes multifonction. Com ment ne pas y voir aussi une aspiration grandissante à l’autonomie et à l’autoréalisation? L’Etat providence n’existe plus, la société n’est plus porteuse d’idéaux et on ne peut plus compter sur la protection de l’entreprise? Alors, quitte à être précaire, autant y trouver du sens! «Plus qu’à une crise de l’emploi, nous assistons à une révolution du travail», explique Denis Pennel, DG de la Confédération internationale des agences d’emploi privées et auteur de Travailler pour soi (Seuil). «La notion même d’emploi – défi nie par le salaire, le statut, la protection sociale – est supplantée par celle de travail, précise-t-il. Et la valeur de ce travail s’apprécie de plus en plus selon la tâche et le résultat, et de moins en moins à l’aune du temps passé. Comme le travail de l’artisan, en quelque sorte.»

Pour lire l’article de Capital, cliquez ici

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2 commentaires pour Une boîte et un boulot uniques, non merci !

  1. leproton dit :

    A reblogué ceci sur leprotonet a ajouté:
    La preuve d’une fin imminente des CDI et d’une (r) évolution des métiers auquel il faudra que les gouvernements fassent face en adaptant des sociétés pas prêtes du tout !

  2. Olivier Prentout dit :

    Le CDI n’est pas mort ! Il a juste à revenir à son origine : le I final de l’acronyme signifie « indéterminée » et 1 génération l’a vécu comme signifiant « infinie » et la suivante à continuer à croire au mirage 🙂

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