Et si le salariat disparaissait…

Fabien Clairefond Les Echos
Le salariat était parfaitement adapté à l’usine du XXe siècle. Il correspond de moins en moins à l’organisation de la production du XXIe siècle… et aux aspirations de ceux qui travaillent. Sommes-nous prêts à changer ?
Depuis l’époque où Eve croqua la pomme et nous chassa ainsi du jardin d’Eden, nous sommes donc condamnés au travail. Un travail qui a pris différentes formes au cours du temps. La cueillette et le travail indépendant de toute éternité, et puis l’esclavage, le servage, le fermage, l’artisanat, le métayage… A partir du XIXe siècle, le salariat commence à s’imposer. Ce n’est pas par hasard : il répond parfaitement aux exigences de la production industrielle, qui devient dominante dans la première moitié du XXe siècle. Des ouvriers payés pour effectuer une tâche répétitive, définie, avec une rémunération et une durée fixées au préalable, dans un lieu donné (ce qui, au passage, facilitait l’organisation des grèves). Le travail s’inscrit alors dans un « emploi », dont les conditions s’améliorent au fil des gains de productivité et des luttes sociales, ou se dégradent lors des crises.Sauf que la production, elle, a complètement changé. La proportion d’ouvriers dans la population active a chuté de moitié en un demi-siècle, tombant à 20%. L’industrie fait à peine plus du dixième de l’activité. La production matérielle et les tâches répétitives sont de plus en plus souvent accomplies par des machines. Les entreprises ne fonctionnent plus du tout de la même manière : leurs frontières sont mouvantes, elles sollicitent davantage des ressources extérieures avec les technologies de l’information, elles forment des équipes au gré de leurs projets pour quelques jours ou quelques mois, elles n’ont plus besoin d’avoir tous leurs employés sur place.

Dans l’ouvrage collectif « Sociétal 2015 », paru chez Eyrolles, Denis Pennel va jusqu’à poser la question : « Vers la fin du salariat ? ». L’interrogation de ce fin observateur du monde du travail, directeur général de la confédération mondiale des agences d’intérim, peut paraître précoce dans un pays qui compte dix fois plus de salariés que d’indépendants (24 millions contre 2,6 millions). Mais le modèle est moins monolithique qu’il n’y paraît. Un salarié sur trois n’est pas en CDI, le contrat typique de l’ère industrielle. Un salarié sur deux travaille parfois le samedi. Plus de 2 millions d’hommes et de femmes exercent plusieurs activités (salarié et non salarié, multi-employeurs, etc. ). A en croire les chiffres publiés récemment par l’Insee, le nombre d’indépendants a progressé l’an dernier tandis que le nombre de salariés a diminué. Aux Etats-Unis, un actif sur quatre n’est pas salarié.

Pour lire l’intégralité de l’article de Jean-Marc Vittori, cliquez ici

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