L’avenir incertain du travail salarié

41353fa2-acf5-44a9-b887-69316221138aLes Britanniques les ont baptisés  » autœmployés  » (self-employed), les Espagnols  » indépendants  » (autonomos). En France, patrie du constructivisme, on les préfère  » autœntrepreneurs « . Comme si cette armée d’un million de travailleurs recelait autant de Bill Gates en puissance. Mais la plupart ne caressent même pas ce rêve. Ils cherchent juste un complément de salaire ou une manière facile de rester dans l’emploi, alors que l’on ne veut plus d’eux dans le monde clos du salariat.

L’autœntrepreneur est une relative nouveauté dans le droit français. Ce statut est né en 2008 dans le cadre de la loi de modernisation de l’économie du gouvernement Fillon. Il faut croire que la modernité a vécu, puisque le président de la République de l’époque, Nicolas Sarkozy, a jugé, il y a une dizaine de jours, qu’il avait fait une erreur, justifiée en temps de crise mais aujourd’hui déloyale vis-à-vis des artisans. Et il pose la question de sa suppression.

Ce serait une erreur. D’abord, parce que, par sa simplicité – il suffit de dix minutes sur Internet pour créer son (auto) entreprise –, il attire spontanément tous ceux qui naviguent entre le chômage et le travail non déclaré. Une suppression ne les transformerait pas d’un coup de baguette magique en artisans ou en consultants, mais les rejetterait dans la zone grise d’où ils tentaient de sortir.

Ensuite, parce que l’autœntrepreneur est la première  » brique  » d’une vaste réflexion sur l’évolution du travail au XXIe siècle, où l’indépendant tiendra une place centrale. Dans l’édition annuelle 2015 de la revue de l’Institut de l’entreprise Sociétal ( » Réinventer le modèle social « , éditions Eyrolles), l’un des auteurs, Denis Pennel, pose la question qui fâche : allons-nous vers la fin du salariat ?

Le modèle fordiste a vécu
Interrogation iconoclaste, tant le salariat est la brique de base de l’Etat-providence, inventée à la fin du XIXe siècle pour apporter la protection aux travailleurs des grandes usines de la révolution industrielle. Sécurité sociale, assurance chômage, syndicalisme… les grandes conquêtes sociales du XXe siècle se sont appuyées sur ce concept qui a mis fin aux tâcherons et autres journaliers qui louaient leurs services aux industriels. Une nouvelle subordination s’est installée. Le travailleur échange sa liberté contre son confort matériel.

Mais, aujourd’hui, les règles du jeu changent. Le modèle fordiste a vécu, la précarité s’insinue dans l’entreprise, la protection sociale s’amenuise et les salaires ne progressent plus à l’ancienneté. Tout cela alors que les nouvelles technologies et la montée de l’individualisme rendent possible une nouvelle approche du travail indépendant, ou plutôt du travail à la carte, tantôt ou simultanément indépendant et salarié. Il faut rapidement mettre en chantier un droit du travail qui découple la protection du salaire.

Pour lire l’article du Monde, cliquez ici

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Etes-vous plutôt micro ou auto ?

N’en déplaise à l’Insee, nous ne sommes pas micros, nous sommes autos. Nous voulons créer notre propre activité, pas fonder une multinationale. Nous rêvons de devenir auto-suffisants.

Ce qui échautoentrepreneurappe à l’administration, c’est le passage à une société post-salariale, bien décrit par Denis Pennel dans son livre Travailler pour soi, et souligné par les études qui se suivent et se ressemblent sur la robotisation. Le free-lancing qui va devenir la norme de la société, bouleversant les cadres traditionnels du droit du travail. Demain, le travail en usine comme la vie de bureau ne seront plus que de lointains (et mauvais) souvenirs. Demain, à travers l’alliage de l’économie collaborative et du télétravail, chacun offrira ses services ou ses produits à une multitude de clients ou de partenaires. Demain, l’écrasante majorité des 15-20 ans qui, selon les sondages, rêvent de devenir « leur propre patron », se consacreront à des occupations diverses, brouillant la frontière entre emploi et activité, entre métier et hobby.

Cliquez ici pour lire l’intégralité de l’article de Gaspard Koenig

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Réinventer l’Etat pour aller mieux

societal_2015La France est un pays en panne. Elle détient le record mondial de la dépense sociale publique avec 33 % du PIB. Mais 14 % de la population française vit sous le seuil de pauvreté. L’école, premier budget de l’État avec 65 milliards d’euros, ne remplit plus son rôle qui est de favoriser la mobilité sociale. Le dialogue social est paralysé par la défiance dans un pays qui a le plus faible taux de syndicalisation de toute l’Union européenne avec environ 8 % des salariés et 5 % dans le secteur privé. Ces constats sont dressés par Sociétal, qui consacre son numéro annuel 2015 à l’État-providence «qui paraît à bout de souffle ».

Refusant le décrochage, la revue de l’Institut de l’entreprise explore les nouvelles voies qui permettront de « réinventer le modèle social » et de passer du « Welfare State à un État social, un État qui aide les pauvres à s’en sortir et évite de les maintenir dans l’assistanat ».  Car l’État ne doit plus « croire qu’il est le garant du progrès ». Il doit devenir un État animateur « qui rend chacun capable d’agir, d’entrer dans le jeu et d’y participer ».

Cette évolution est d’autant plus nécessaire que le monde du travail change. Plus de 2,3 millions de personnes exercent aujourd’hui plusieurs activités professionnelles. Les travailleurs indépendants représentent 10 % de la population active. Leur nombre va grandir, le salariat va reculer. Un travailleur alternera intérim, CDI, chômage et période de travail. Il sera parfois salarié et parfois travailleur indépendant. Cela « va nous obliger à repenser entièrement l’accès à la Sécurité sociale, à la prévoyance et à nos systèmes de retraite », analyse Denis Pennel, expert du marché du travail.

Pour lire l’article complet de Yann Le Galès du Figaro, cliquez ici

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Nouvelles formes d’emploi : vers une remise en cause du CDI ?

future of work5L’émergence d’expériences professionnelles hybrides, conjuguant salariat, travail indépendant et multiactivité, traduit un nouveau rapport de la jeunesse au travail et à l’employeur.

Auto-entrepreneurs, managers de transition, intérimaires, indépendants en portage salarial, salariés-entrepreneurs au sein de coopératives d’activité et d’emploi, “open contributeurs”, “home-shorers”, travailleurs à temps partagé, “slashers”… En l’espace de quelques années, le paysage de l’emploi a vu se multiplier de nouvelles formules professionnelles, tant dans les figures contractuelles ou les statuts que dans l’expérience de travail ou dans le rapport employé-employeur.

Si le salariat représente aujourd’hui près de 90% du marché de l’emploi, si CDI y fait figure de référence centrale, difficile de ne pas voir dans ce phénomène d’hybridation une mise en question de ces deux figures emblématiques de l’emploi en France.

« La meilleure sécurité reste bien sûr le plein-emploi. Mais le plein emploi appartient au passé. Il faut donc inventer de nouvelles formes de sécurité. Plutôt que de protéger les emplois, il convient d’accompagner les individus tout au long de carrières professionnelles qui ne seront pas nécessairement ascensionnelles du début à la fin, mais comporteront des ruptures et des transitions », souligne Denis Pennel, directeur général de la Confédération mondiale des services privés pour l’emploi (Ciett).

L’article intégral peut-être lu ici

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Vers la fin du salariat? Article à lire dans la revue « Sociétal » de l’Institut de l’Entreprise

societal_2015L’édition  2015 de « Sociétal », la revue de l’Institut de l’Entreprise, sera présentée demain à Paris. J’ai contribué à la réflexion du think tank en écrivant un article sur la fin du salariat et l’émergence des travailleurs hors entreprise.

Mondialisation, nouvelles technologies d’information et de communication, tertiarisation de l’économie, nouveaux modes d’organisation du travail, individualisation de la relation d’emploi: une nouvelle réalité du travail respire déjà, caractérisée par la fin de son unité de temps, de lieu et d’action. Avec pour conséquence le développement de nouvelles formes de travail, en dehors du salariat et de l’entreprise. A une relation de travail basée sur la subordination va se substituer une prestation de service effectuée par des travailleurs indépendants. Ce qui n’est pas sans remettre en cause les fondements de notre modèle de protection sociale.

Parmi les autres contributeurs de la revue Sociétal 2015 figurent notamment Laurent Berger, Jean-Christophe Fromantin, Yvon Gattaz, Pascal Lamy, Yann Le Galès, Denis Monneuse, Augustin de Romanet et  Jean-Marc Vittori.

Pour plus d’info: http://www.institut-entreprise.fr/les-communiques-de-l-idep/societal-2015

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Quels métiers vont apparaître d’ici 2030 ?

Depuis que le numérique a fait son entrée dans nos existences, il a chamboulé nombre de nos habitudes, tout autant que notre façon de voir le monde. Il est également en passe de modifier profondément la plupart des métiers. Dans cette même optique, la robotique est devenue le corolaire de la plupart des emplois, même si elle ne prend pas partout la même importance.

Comme le précise le site influenca.net, « 90 % des données numériques n’existaient pas il y a deux ans, et ce flux de datas augmente de manière exponentielle ». Cette manne d’information brute devra être traitée et administrée par des professionnels. L’apparition d’une vie virtuelle à côté de la vie réelle, par exemple reconstruction d’endroits disparus ou inventions de nouveaux, entraîne également dans son sillage nombre de services qui demanderont, eux aussi, du personnel spécialisé. L’Association française des éditeurs de logiciels (Afdel) estime, par exemple, que 1 000 emplois directs pourraient être créés dans ce secteur d’ici à 2018 en France. Par ailleurs la possibilité d’échange qu’offre le numérique devrait renforcer le partage et la réutilisation. Des métiers seront créés pour faciliter la démarche et guider les gens dans cette jungle numérique. On estime à 80 milliards le nombre d’objets connectés d’ici à 2020, selon l’Idate.

le nombre d’objets connectés d’ici à 2020, selon l’Idate.

Le top 10 des métiers de 2030 établi Wagepoint

1. Architecte du numérique qui crée des immeubles virtuels

2. Spécialiste du bien-être du 3ème âge

3. Ingénieur du corps qui crée artificiellement des éléments pour les transplantations

4. Spécialiste de la nano-médecine, notamment pour l’automédication,

5. Agriculteur vertical

6. Gestionnaire de données inutilisées

7. Contrôleur du climat qui peut modifier la météo selon les besoins

8. Manager d’avatars

9. Chirurgien de la mémoire pour mieux la préserver

10. Designer d’enfants qui modifie les caractéristiques des enfants

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« Créer et gérer des communautés sera la clé de la réussite »

Les travailleurs sont mieux formés et plus mobiles que jamais. On peut désormais travailler peu importe le lieu ou le moment, ce qui a des implications importantes tant pour l’ADRapport Annuel Federgon 2N de nos environnements de travail que pour les professionnels RH qui doivent ‘peupler’ les lieux de travail. Directeur général de la Ciett, Denis Pennel évalue dans cet article le rôle que les agences privées de l’emploi peuvent jouer dans ce contexte.

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