« Demain, nous assisterons au retour de l’artisanat de masse »

Extrait de l’interview publiée pour le magazine Usbek & Rica. L’intégralité de l’article peut être lue ici.

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Auteur, conférencier, défricheur, influenceur… Denis Pennel est à l’image de la nouvelle réalité du travail qu’il décrit dans son livre : protéiforme. Dans son dernier livre, publié à la rentrée – Travail, la soif de liberté (Eyrolles, 2017) – il dépeint une société bouleversée, dans laquelle le travail tend de plus en plus à se détacher du salariat, du temps, des cadres, des institutions et de l’entreprise classique. Un nouveau monde dont il ne faut pas avoir peur, assure-t-il. Entretien. 

 

Dans votre nouveau livre « Travail, la soif de liberté » (Eyrolles), vous avancez que c’est en grande partie la demande des consommateurs qui va modifier le travail. Que voulez-vous dire exactement ?

Durant tout le XXe siècle, nous avons vécu dans une économie de « rattrapage » : il fallait produire en masse des produits standardisés pour un maximum de gens. Dans ce contexte, le salariat s’est imposé comme la norme, avec des syndicats puissants et des emplois quasiment assurés « à vie ». Dans son programme de 1981, Mitterrand prônait ainsi « le salariat pour tous » avec, si possible, le même statut pour tous les salariés que ceux de la fonction publique. Un dogme qui n’a pas fait long feu. Aujourd’hui, nous sommes, à l’inverse, dans « l’économie de l’abondance » : il suffit d’aller sur un site de vente en ligne pour avoir accès à des milliers d’offres et services. Ce que réclament les gens, désormais, c’est plus de produits personnalisés et délivrés à la demande. L’entreprise doit fournir des biens et services qu’elle n’a même pas encore fabriqués !

 

On assiste donc à un retour de l’artisanat ?

Exactement. On peut même parler du salariat comme d’une simple parenthèse dans l’histoire du travail. Avant la révolution industrielle, beaucoup de travailleurs étaient établis à leur compte : paysans propriétaires, vendeurs itinérants, commerçants… Demain, nous assisterons au retour de « l’artisanat de masse », avec des petits producteurs agricoles ou des créateurs indépendants. On voit aussi le retour, dans les centres-villes, d’épiceries de quartier sous la forme de franchises, tandis que le modèle des grands centres commerciaux est, quant à lui, plutôt sur le déclin.

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Vie professionnelle : « il y a une soif de liberté et une envie profonde de sortir du salariat »

libertéDans son dernier essai, Travail, la soif de liberté, Denis Pennel, directeur général de World Employment Confederation, revient sur les changement en cours sur le marché du travail. Entre les slashers – ces actifs qui mêlent plusieurs activités, par besoin financier ou pour exercer des missions plus satisfaisantes que leur job alimentaire – mais aussi les indépendants, les startuppers, les makers, etc., il estime que la servitude volontaire des individus au salariat est proche de la fin. Les actifs rêvent d’être davantage d’autonomie et si le CDI reste, encore aujourd’hui, le Graal pour s’intégrer à la société, son rôle de moins en moins protecteur montre les limites d’un cadre en voie d’obsolescence.

L’intégralité de l’interview peut être lue sur le site de Mode(s) d’Emploi

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Travail, la soif de liberté

liberté-guidant-le-peupleDans son dernier livre, Travail, la soif de liberté, Denis Pennel, expert du monde du travail, explore le nouvel âge du travail réinventé par les pionniers : slashers, coworkers, télétravailleurs, makers, freelances, auto-entrepreneurs.

Dans la continuité de l’évolution des formes de travail depuis l’esclavage, le servage et l’artisanat, le salariat s’est imposé comme modèle dominant pour travailler et accéder à la protection sociale. Sauf que la garantie de stabilité offerte par cette organisation s’effrite à grande vitesse. Il n’en reste que ses contraintes : travail répétitif, unité de lieu et de temps, petits chefs, organisations rigides, perte de sens de son travail.

Ce qui aboutit, selon l’auteur, à « un effacement de la notion de métier aux conséquences néfastes : perte de responsabilité, des collaborateurs interchangeables, des emplois où l’on ne s’accomplit pas. La bureaucratie de l’emploi a tué l’initiative au travail ». Et engendre des dérives plus graves : «  Dans sa version moderne, bureaucratisée et déshumanisée, le salariat a aussi engendré de l’ennui, du mal-être et du stress. Le salariat ne semble plus être le meilleur chemin vers un avenir meilleur ».

Le salariat a donc étendu son monopole sur le travail au XXe siècle. Malgré une opposition farouche des syndicats au début du siècle. Denis Plenel cite à ce propos, avec malice, Karl Marx qui prônait «  l’abolition du salariat ». A partir des années 1980, le modèle unique se fissure avec l’explosion des CDD, de l’intérim, des temps partiels. Malgré l’ambition de François Mitterrand affichée en 1981 de donner à tous les salarié la protection du statut de la fonction publique.

L’intégralité de l’article paru sur @zevillage peut être lue en cliquant ici

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Comment adapter notre contrat social à la nouvelle réalité du travail?

Retrouvez dans la vidéo ci-dessous la retransmission de mes échanges avec Antoine Foucher (DirCab de Muriel Pénicaud, Ministre du Travail) et Emmanuelle Barbara (avocate associée chez Auguste Debouzy) lors de la 20ème édition de la Cité de la Réussite qui s’est tenue les 18 & 19 Novembre dernier à la Sorbonne.

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Parution du n°1 du MagRH: Robotisation et Automatisation

MagRHPour son premier numéro, Le Mag RH consacre sa une à la robotisation, l’intelligence artificielle et l’automatisation du travail.  Au total 17 articles écrits par des spécialistes de la gestion des ressources humaines dont le mien intitulé « Libérer l’homme du travail inhumain ».

Dans notre société anxiogène, les prédicateurs apocalyptiques ont trouvé leur nouveau commerce : la fin du travail, engendrée par la
robotisation de nos emplois actuels et l’émergence de l’intelligence artificielle. L’histoire a donné tort à
ces prévisions alarmistes : de tous les temps, l’innovation technologique a toujours créé au final
plus d’emplois qu’elle n’en a détruit.

Le magazine est téléchargeable gratuitement en cliquant ici.

 

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« Les DRH vont devoir apprendre à gérer un travail protéiforme »

HR Square - Novembre 2017Le marché du travail ne s’est jamais transformé aussi rapidement pointe Denis Pennel: « A notre échelle, c’est une évolution. Pour la génération de nos enfants, on peut parler de révolution ! » Cet expert reconnu du monde du travail identifie sept caractéristiques du « nouveau travail » et suggère une série d’enjeux pour le management et la GRH.

L’intégralité de l’article paru dans le magazine HR Square est à retrouver ici (abonnés)

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« La révolution libertaire du travail est en marche »

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Le travail est-il une malédiction? Ou le véhicule de l’épanouissement personnel? Et si la liberté et l’autonomie devenaient les valeurs cardinales du travail? Sans détruire les acquis de la social-démocratie ni aggraver la précarité? Denis Pennel, auteur du livre « Travail, la soif de liberté (Eyrolles), croit que les nouvelles formes d’emploi peuvent réinventer et libérer le travail.

Il y a trois ans, vous aviez publié Travailler pour soi. Vous y écriviez que le contrat à durée indéterminée avait du plomb dans l’aile, qu’il subissait les coups de la révolution individualiste. Quel est le point de départ de votre nouvel ouvrage?

Denis Pennel: «Une tendance me frappe, que révélait déjà en creux la crise du contrat à durée indéterminée: la formidable soif de liberté et d’autonomie des travailleurs qui se manifestent par toutes ces nouvelles manières d’exercer une activité professionnelle. De l’indépendant au slasher, du co-worker au start-upper. Au fond, ces évolutions nous ramènent à une question éternelle. Le travail rend-il libre ou, au contraire, aliène-t-il l’individu? Est-on libre parce qu’on ne travaille pas, ou bien parce que notre activité professionnelle nous permet de nous accomplir? Je crois qu’aujourd’hui, la réponse progresse dans un sens plutôt favorable à la théorie de la libération par le travail.»

Si on remonte dans le temps, notre rapport au travail semble avoir plutôt mal commencé, non?

Denis Pennel: «De fait, comme chacun le sait, l’étymologie de ce mot (du latin, tripalium) renvoie à un instrument de torture. D’ailleurs, dans l’Antiquité, ceux qui ne travaillaient pas étaient les êtres vraiment libres. Et les travailleurs, des esclaves. Au fil des siècles, on constate une certaine amélioration du statut du travailleur qui passe de celui d’esclave à celui de serf. A priori, ce n’est pas tellement mieux mais le servage s’accompagnait au moins d’une protection accordée par le seigneur féodal. De plus, une nouvelle catégorie de travailleurs a émergé, les artisans, propriétaires de leurs moyens de production. L’histoire du travail me semble donc être celle d’une longue marche chaotique et sinueuse vers toujours plus de liberté.»

Et puis, le salariat est arrivé…

Denis Pennel: «Voir dans le salariat l’étape ultime de cette évolution vers plus de liberté et d’autonomie du travailleur serait une erreur. Cette forme de travail est caractérisée par un rapport de subordination qui constitue même le fondement de sa définition juridique. Le rapport de soumission est évident: les moyens de production appartiennent à un capitaliste et les travailleurs n’ont d’autre choix que de faire fonctionner ces moyens de production en vendant leur force de travail. Le capitaliste n’en rémunère qu’une partie, l’autre part représentant son profit. Il est évidemment très peu question de liberté. Au début de la première révolution industrielle qui généralise le salariat, les journées sont longues, le salarié est déraciné, subit une déchéance sociale, le travail des enfants est partout permis… Tout au long du 20e siècle, les milieux politiques et les syndicats resteront très réticents face au salariat. Et un syndicat français comme FO réclame toujours dans ses statuts sa disparition. Il n’est donc pas vécu unanimement comme synonyme de progrès, de liberté.»

Ce modèle est tout de même celui qui enregistre les progrès sociaux les plus remarquables…

Denis Pennel: «De fait, les sociaux-démocrates européens ont construit progressivement tout un système de protection sur le salariat. Au point qu’au cours de la seconde moitié du 20e siècle, le salariat s’impose comme la norme, dans une période de plein emploi, au sein d’une économie axée sur la production industrielle, de masse, comptant des syndicats puissants. Les droits et les avantages sociaux des travailleurs sont alors liés à leur employeur et s’organisent autour des contrats de travail à durée indéterminée. Le problème, c’est qu’aujourd’hui, ce modèle ne fonctionne plus. Le pacte sous-jacent qui liait un salarié à son employeur est devenu léonin. Alors qu’il reposait sur l’échange d’une sécurité contre une servitude volontaire, le CDI à temps plein ne protège plus les salariés. Logique puisque l’espérance de vie des entreprises est passée de 75 ans dans les années 1930 à 15 ans à l’aube des années 2000. Détenir un contrat à durée indéterminée ne garantit donc plus un emploi à vie. En Italie par exemple, 50% des CDI sont interrompus au bout de deux ans. Le contrat social-démocrate est à bout de souffle. La hausse des cotisations s’accompagne d’une baisse des prestations sociales. La répartition des profits privilégie de plus en plus les actionnaires au détriment des travailleurs. Les carrières ne sont plus ascensionnelles, la rémunération ne suit plus l’ancienneté. Et le financement de la protection sociale et des retraites n’est plus assuré à long terme.»

L’article paru dans le magazine RHMagazine peut être lu ici (réservé aux abonnés).

 

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