Le travail à la conquête de sa liberté!

Economie & Management 167_Denis_Pennel-page-001Dans son dernier numéro, la revue Economie & Management a publié un long entretien sur le contenu de mon dernier livre « Travail, la soif de liberté » (éditions Eyrolles). Intitulé « le travail en mutation », le numéro fait le point sur la transformation de notre société et de notre économie avec le numérique. Si les destructions d’emplois dues au numérique sont une évidence, les créations font davantage débat. Comment les organisations font-elles face à ces changements ?

Dans mon interview, j’insiste sur la fin de la triple unité du travail : fin unité de temps, de lieu et d’action. Les nouvelles technologies (informatique puis digitalisation) ont permis une dématérialisation du travail, qui n’a plus obligatoirement besoin d’un endroit physique pour s’exprimer. Cette déspatialisation a également rendu poreuse la frontière entre vie privée et vie professionnelle, cassant l’unité de temps. Enfin, la multiplication des formes d’emploi, aussi bien au sein du salariat (CDD, intérim, temps partiel) qu’en dehors (freelancers, travailleurs en ligne, créateurs de start-up) ont mis fin à l’unité d’action. Le travail est devenu poreux, omniprésent, multiforme et à géométrie variable !

D’autre part, la soif de liberté est l’une des raisons essentielles du retour en grâce du travail indépendant, qui permet à chacun d’entre nous de redevenir acteur de sa vie professionnelle. Ou comment réintroduire l’esprit d’entreprenariat dans la relation de travail, en sortant des sentiers trop balisés et contraignants du salariat. La guerre de l’indépendance (au travail) a débuté : la rupture entre emploi et travail est consommée, le divorce est prononcé. Un nombre croissant de professions souhaitent retrouver une vraie liberté dans l’exercice de leur métier.

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Ils cumulent plusieurs jobs : les «slashers», avant-gardistes ou nouveaux précaires?

slasheurPour Denis Pennel, lui-même slasher et auteur d’un livre, Travail, la soif de liberté, le grand tournant a eu lieu en 2008, avec la création du statut d’auto-entrepreneur. « D’un coup, il est devenu très facile de créer une structure d’indépendant, et les chiffres sont là pour en témoigner, on compte aujourd’hui plus d’un million d’auto-entrepreneurs », commente-t-il.

« Le fait de slasher permet de réconcilier ces deux aspects du travail : le job-passion et le job-raison », note Johann Ouaki, lui-même slasher et fondateur de SOTO, une entreprise qui accompagne des freelances dans l’optimisation de leur parcours professionnel. « Aujourd’hui, on peut faire les deux : on peut moduler le job carriériste et avec les 30/40% de temps restant développer un nouvel équilibre. C’est un profil qui va de plus en plus être représenté : beaucoup de gens sont frustrés de ne pas faire autre chose et de ne pas développer d’autres compétences. »

L’article complet paru sur l’Imprévu peut être lu ici

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Ils cumulent plusieurs métiers par envie : les « slasheurs » vont-ils bouleverser le monde du travail ?

slasheurs3Le site LCI.fr vient de publier un article sur les slasheurs. Un article très intéressant qui illustre bien cette nouvelle tendance sur le marché du travail.

Lorsqu’on leur demande ce qu’ils font dans la vie, ils répondent qu’ils sont secrétaire/prof de salsa ou bien coach sportif/vendeur de vêtements, serveur/photographe… Le plus connu d’entre eux pourrait être Karl Lagerfeld, le plus célèbre actif de l’industrie de la mode qui est photographe/directeur artistique/vidéaste/patron de librairie. Ces personnes cumulent plusieurs activités qui n’ont parfois pas grand chose à voir et nombre d’entre eux le vivent plutôt bien. Eux, ce sont les « slasheurs », des pluri-actifs, selon le ministère du travail.

Un terme qui désigne des personnes qui jonglent entre plusieurs activités professionnelles par nécessité d’augmenter leurs revenus ou par choix et parfois les deux. En 2016, en France, 16% des actifs entre 18 et 65 ans sont des « slasheurs » et parmi eux, 77% exercent leur deuxième métier dans un secteur tout à fait différent, indique une étude pour le salon SME, le salon des micro-entreprises. 

Pour Denis Pennel, slasheur lui-même et auteur d’un livre Travail, la soif de liberté, ces chiffres sont sûrement sous-évalués car ils ne prennent pas en compte le travail bénévole et les personnes qui ne déclarent pas toutes leurs sources de revenus. Aussi, le chiffre de 4,5 millions serait plus proche de la réalité, « encore qu’on est très probablement au dessus », selon lui. Alors qui sont ces « slasheurs », cumulards de jobs et de passions ? LCI a mené sa petite enquête.

 

Lintégralité de l’article peut être lue ici

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« Travail, la soif de liberté » nommé pour le Prix Turgot 2018

3D Travail-la-soif-de-liberteCréé sous le haut patronage du ministère de l’Économie et des Finances, le prix Turgot récompensera le 4 avril prochain le meilleur livre de la littérature économique et financière. Mon dernier livre « Travail, la soif de liberté » (paru chez Eyrolles) a été nommé pour recevoir un des 5 prix à l’issue d’une stricte sélection (plus de 150 ouvrages étaient en compétition). La cérémonie sera présidée par Jean-Claude Trichet, sous le haut patronage du ministre Bruno Le Maire.

 

 

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Le travail n’est plus ce qu’il était!

DP + livre + quoteSelon Denis Pennel, pour répondre aux attentes nouvelles des collaborateurs, le modèle de travail salarié du siècle dernier doit s’adapter aux évolutions actuelles.

Au XXe siècle, on pouvait encore appliquer au monde du travail les trois règles de la tragédie classique : il y avait à la fois unités de lieu, de temps et d’action. Aujourd’hui, le travail a perdu cette caractéristique essentielle. Les nouvelles technologies et la dématérialisation des processus permettent diverses formes de télétravail : à domicile, dans des espaces de coworking, dans des lounges d’aéroport, etc. Il y a en outre une porosité croissante entre vies professionnelle et privée. La journée de travail est flottante : on consulte des mails de chez soi ou sur le trajet du bureau, en soirée ou le week-end.

Lorsqu’on examine la relation entre modèle économique et forme dominante d’emploi, on constate que chaque révolution industrielle a mené à l’émergence d’une forme généralisée de travail. Dans l’Antiquité grecque et romaine, l’esclavage en était la forme la plus répandue. Au Moyen Âge, cela a évolué vers le servage où, tout en restant sous la supervision d’un seigneur, le travailleur était plus libre et rémunéré en partie. Au XIXe siècle, on a assisté à l’apparition de l’artisan et du travail indépendant et, au XXe siècle, à la généralisation du salariat.

Aujourd’hui, nous vivons une révolution industrielle menant à l’apparition de formes de travail fort différentes, telle que la recrudescence du travail indépendant. C’est que les profils et les attentes des travailleurs ont aussi évolué. La population active n’a jamais été aussi bien formée et éduquée qu’aujourd’hui. Dans les années 1950, rares étaient les travailleurs qui disposaient d’un diplôme de fin d’études secondaires. Seule une très faible proportion allait à l’université. La situation est radicalement différente de nos jours. De même, dans les années 1950, il n’existait qu’une trentaine d’États démocratiques, contre plus d’une centaine aujourd’hui, selon l’ONU. Cette évolution fait que le citoyen s’est habitué à plus de liberté et d’indépendance, mais aussi à participer plus activement aux prises de décisions. Dans ce contexte, on a parfois l’impression que ce mouvement s’est arrêté aux portes des entreprises.

L‘intégralité de l’article paru dans Infos Entreprendre peut être lue ici

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Révolution du travail: les défis des entreprises du XXIè siècle

Entretiens AcademieDenis Pennel, auteur, conférencier et Directeur général de la World Employement Confederation, est intervenu dans le cadre des Entretiens de l’Académie. A cette occasion, Il a présenté son dernier ouvrage « Travail, la soif de liberté: Comment les start-uppers, slashers, co-workers réinventent le travail » publié aux éditions Eyrolles en septembre 2017début d’année.

La video peut être vue ici

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Nous sommes en plein cœur d’une révolution du travail

DP + livreDans son dernier ouvrage, « Le travail, la soif de liberté », Denis Pennel, Directeur de la World Employment Confederation s’interroge sur les mutations majeures que connait le monde du travail. Multiforme, collaboratif, agile, individualisé, ce nouveau monde du travail vient remettre en cause le modèle du salariat. L’auteur propose, entre autre, 25  réformes, afin de garder le meilleur du salariat et du statut indépendant. Entretien. 

Quelles réflexions vous ont mené à écrire «Travail, la soif de liberté »?

Nous sommes en plein cœur d’une révolution du travail. Le travail est devenu multiple et protéiforme. Les actifs se définissent désormais de façon polycentrique : je suis ingénieur commercial mais également professeur de yoga, photographe amateur, bénévole dans une association humanitaire… Il y a déjà en France 2,3 millions de pluri-actifs, qui cumulent une activité salariale avec un travail d’indépendant ou qui ont plusieurs emplois salariés en même temps. Et ce chiffre ne tient pas compte d’une part majoritaire de la population qui développe des activités rémunératrices via les plateformes numériques (ebay, Uber, Le Bon Coin, Deliveroo etc.).

De plus, se développe une aspiration profonde à devenir acteur de sa vie professionnelle et réintroduire l’esprit d’entreprenariat dans la relation de travail, en sortant des sentiers trop balisés et contraignants du salariat. Une soif de liberté qui concerne tous les types de travailleurs : aujourd’hui, en tant que citoyen, nous sommes tous habitués à pourvoir choisir notre vie sexuelle, notre pratique religieuse ou spirituelle, notre façon de consommer… Pourquoi le monde du travail échapperait-il à cette tendance de fond ?

Libérer le travail, c’est le rendre accessible au plus grand nombre. Sur ce point l’échec du salariat dans sa forme actuelle est patent : persistance d’un chômage structurel élevé, exclusion des plus défavorisés du marché du travail, reproduction des élites, polarisation des emplois au détriment des classes moyennes. Si le salariat a tourné à plein régime durant les Trente Glorieuses pour intégrer une population active de plus en plus nombreuse et diversifiée (arrivée des travailleurs immigrés, entrée des femmes sur le marché du travail), le modèle a commencé à caler à la fin du XXème siècle avant de se gripper définitivement à l’entrée du XXIème siècle, n’arrivant plus à garantir le plein emploi.

Pensez-vous qu’il s’agit de la fin du salariat tel qu’il existait jusqu’alors? Pourquoi ?

L’emploi salarié a cadenassé le travail. La bureaucratisation du salariat (notre code du travail est passé de 600 articles en 1972 à plus de 8.000 aujourd’hui) a enfermé les individus dans des jobs hyper-cadrés, subis, sans marge de manœuvre. Le travail est prisonnier aujourd’hui de ses lois, de ses acquis sociaux, de ses normes, de la fausse perception d’un modèle monolithique protecteur, le CDI.

D’où les phénomènes de burn out (épuisement professionnel) et de bore out (ennui profond par manque d’intérêt de son travail). En outre, le salariat est basé sur une relation de subordination, c’est-à-dire la possibilité pour un chef de donner des ordres, de contrôler exécution et de sanctionner). Cette « servitude volontaire » ne correspond plus aux attitudes des citoyens, qui ont une soif de liberté dans le travail ! Conséquence : seulement 13% des salariés français sont motivés au travail[1].

Il est indispensable d’adapter le travail à l’environnement économique et social du 21ème siècle. Car de nombreux enjeux nouveaux sont apparus, que le salariat fordiste n’avait pas prévu : fin de l’unité de temps et de lieu du travail, concurrence entre travailleurs au niveau mondial, travail en ligne, population active vieillissante, mobiquité due aux nouvelles technologies, porosité croissante entre salariat et travail indépendant etc.

L’intégralité de l’interview peut être lue ici

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