La fin du salariat, vraiment?

IMG_1400Le travail indépendant se développe à tel point que certains pronostiquent déjà la fin du salariat. Sans aller jusque-là, le monde du travail connaît des transformations profondes.

Cette « gig economy », ou économie des petits boulots, devra vraisemblablement cohabiter avec l’emploi salarié. « La fin du salariat, c’est un fantasme : aucune donnée ne vient confirmer son recul dans les grandes économies, tranche l’économiste Jean-Charles Simon. Il y a des activités qui se développent en indépendant, d’autres qui reculent, par exemple dans le commerce et l’artisanat. Et beaucoup d’entreprises du numérique, comme Amazon, finissent par prendre des salariés. »

« Parler de fin du salariat, c’est caricatural, renchérit Denis Pennel, directeur général de la Fédération mondiale des agences d’intérim (2). Mais je pense que sa prédominance va s’estomper, notamment sous sa forme type, le CDI, qui a bien correspondu à la période de production de masse standardisée des Trente Glorieuses. »

Surtout, insiste Denis Pennel, « ce dégonflement du salariat intervient en plus d’une autre tendance lourde : la diversification des formes de l’emploi à l’intérieur du salariat ». Si le CDI concerne toujours 76 % des personnes en emploi, la précarité grignote le modèle : un tiers des CDI dure moins d’un an, près d’un salarié sur cinq est à temps partiel, plus de neuf embauches sur dix se font en contrat précaire, dont la durée moyenne est désormais inférieure à un mois…

Des frontières entre statut de plus en plus poreuses

De plus, ajoute Denis Pennel, « même les salariés en CDI vivent des mutations. Le lien de subordination se transforme. Le télétravail se développe. Et l’obligation de résultat l’emporte sur l’obligation de moyens. »

Bref, les frontières entre salariat et travail indépendant deviennent poreuses. Pas étonnant, dans ces conditions, que de multiples formes nouvelles d’emploi (portage salarial, groupements d’employeurs, intermittence dans le spectacle, piges dans la presse…) tentent d’inventer le maillon manquant entre les deux mondes. Et que se développent les « slasheurs », ces travailleurs qui exercent plusieurs activités, complétant leur revenu principal par un revenu d’appoint : ils étaient un million il y a dix ans, ils sont 2,3 millions aujourd’hui.

L’intégralité de l’article de La Croix peut être lu ici

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Simplifier la complexité du marché du travail

Extrait de l’article paru dans PeopleSphere de Décembre 2015

Slide1« Le premier challenge pour la profession RH consiste à gérer efficacement ce que j’appelle le ‘workforce mix’, à savoir cette diversité dans les effectifs » explique Denis Pennel. « Les personnes ont des statuts différents et des rémunérations composées en fonction de leur statut. Il y a même parfois des organisations du travail qui sont très diversifiées elles-aussi. la manière dont les RH vont réussir à gérer en bonne intelligence ces différences sera essentielle à l’avenir! ».

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Comment le numérique transforme l’entreprise

HRMagazine Decembre 2015« Nous vivons moins une crise de l’emploi qu’une révolution du travail. » Une formule à l’emporte pièce? Pas pour denis Pennel qui a expliqué que la révolution numérique métamorphose radicalement notre manière d’appréhender le travail.

Si l’unité de lieu disparaît, l’unité de temps s’estompe elle-aussi. « Les temps sociaux s’écrasent. Aukourd’hui, le travail s’invite à la maison, c’est évident. Mais en même temps, la vie privée pénètre dans l’entreprise par le biaisi des réseaux sociaux. »

L’intégralité de l’article peut être lue ici

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Va-t-on vers la fin du salariat ?

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Révolution numérique: la grande arnaque?

MarianneLe magazine Marianne consacre sa une à l’impact du digital sur le monde du travail, avec une vision très critique. Dans son article, Hervé Nathanse demande si l’économie numérique sera le cheval de Troie espéré par les économistes libéraux pour déréguler enfin l’économie française ? S’ils gagnent, les conséquences sociales, sociétales et politiques seront difficiles à gérer.

Extraits:

« Le cœur de la société contemporaine est donc attaqué économiquement et déstabilisé politiquement (lire l’interview de Daniel Cohen, p. 20). Dans l’entourage de François Hollande, on a bien vu venir le mur pour la gauche. «Il nous faut éviter la constitution d’un nouveau prolétariat», dit-on. Mais – et c’est bien le problème – «sans tuer la poule aux œufs d’or du numérique…» C’est tout le dilemme du gouvernement : Emmanuel Macron soutient ouvertement les «entreprises disruptives» dans une perspective «schumpéterienne» de création/destruction. Il voit dans les champions du Net français, comme BlaBlaCar, les futurs membres du CAC 40 qui détrôneront la vieille économie industrielle, forcément frileuse et conservatrice, quand Manuel Valls dénonce, lui, «la loi de la jungle» de l’ubérisation !

Pour résoudre l’équation impossible entre travail salarié (24 millions de personnes) et le travail indépendant (2,8 millions, en hausse rapide après un long déclin), Bercy a donc lancé une sorte de concours Lépine juridico-social, pour définir ce que les Echos nomment déjà «le travailleur postsalarié». Denis Pennel, directeur de la Fédération européenne des employeurs du travail temporaire, penche pour un «statut de l’actif». David Ménascé, de son côté, propose un «statut du microfranchisé» pour les indépendants travaillant pour les plates-formes. Hervé Novelli, ex-ministre de Nicolas Sarkozy et père de la loi sur les autoentrepreneurs, prédit l’avènement du «prestataire dans l’entreprise», débarrassé du code du travail mais inséré dans le process de travail. Et le député socialiste Pascal Terrasse est chargé par le Premier ministre d’étudier un «statut du travailleur collaboratif».

(…)

Hervé Novelli confie à Marianne : «Si on veut développer le travail indépendant, il faut organiser la convergence des systèmes de protection sociale entre salariés et indépendants. C’est le nœud gordien…» Mais, prévient-il, c’est un problème redoutable puisque, pour lui, il n’est pas question d’étendre la protection collective obligatoire, la Sécu et les caisses de retraite complémentaire aux indépendants dont pourtant le régime est déficient. Un point de vue assez proche de celui de Nicolas Colin, très écouté à Bercy (il est à la fois inspecteur des finances et e-entrepreneur…), et pour qui la société occidentale se trouve face «aux mêmes troubles que dans les années 30, avant la mise en place du Welfare State [l’Etat social] aux Etats-Unis et en Europe. Il y a donc urgence à installer des dispositifs adaptés de protection sociale, qui rapprochent les salariés et les travailleurs indépendants…»

L’article de Marianne peut être lu ici

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Dialogue social: patrons et syndicats, encore un effort!

a bas le salariatIl est de bon ton de dire que le projet de loi Rebsamen sur le dialogue social ne fâche personne et ne changera pas grand-chose. Mais appartient-il au gouvernement d’imposer des réformes auxquelles le pays n’est pas prêt? Si l’on veut aller plus loin, il faut d’abord que les partenaires sociaux évoluent.

A écouter les dirigeants du Medef, on croirait que les choses sont simples: si l’on veut réduire le chômage en France, il suffit de simplifier et d’alléger le Code du travail. Libérées de toute contrainte, autorisées à licencier leurs salariés sans difficulté si elles en ont besoin, les entreprises redécouvriront l’envie d’embaucher et elles auront vite fait de créer un million d’emplois.

Du côté des organisations syndicales, on a tendance à penser, en caricaturant un peu (certaines centrales ont une vision plus subtile), qu’il ne faut toucher à rien et s’en tenir au maintien des «acquis» sociaux, comme si le fait d’encadrer strictement les procédures de licenciement n’avait pas empêché la France de compter 3 millions de chômeurs!

Un dialogue déjà plus productif qu’on ne le croit

Partant de ce constat, on pourrait conclure un peu hâtivement que le dialogue social est mort en France et que le Code du travail est condamné à la sclérose. Et on se tromperait.

Au-delà des déclarations fracassantes et des postures médiatiques, les partenaires sociaux discutent et arrivent à des accords plus nombreux qu’on ne le croit: 900 accords de branche et 36.000 accords d’entreprise ont été conclus en 2014. En janvier 2013, les discussions ont abouti à un accord national interprofessionnel sur la compétitivité et la sécurisation de l’emploi; le texte a été rapidement intégré à notre corpus législatif par la loi du 14 juin de la même année.

Concernant l’organisation du dialogue social, les discussions engagées à l’automne 2014 n’ont pas abouti, mais les points sur lesquels un consensus semblait possible ont permis au ministre du Travail François Rebsamen de présenter, le 22 avril, un projet de loi qui, sans aller aussi loin que cela serait nécessaire, comporte quelques avancées intéressantes sur la représentation des salariés et le fonctionnement des  institutions représentatives. Il organise aussi la fusion de la prime pour l’emploi et du RSA activité au sein d’un seul mécanisme, la prime d’activité, et pose le cadre de la future négociation qui devrait permettre de régler enfin le problème récurrent du statut des intermittents.

On peut se poser, comme les patrons, la question de savoir si ces petits pas sont suffisants ou, comme plusieurs syndicats, s’ils sont vraiment nécessaires et utiles. Pour y répondre, il faut voir dans quel contexte ces réformes interviennent.

Premièrement, il est impératif que les règles du jeu changent. Sans aller, comme le spécialiste de ces questions Denis Pennel, jusqu’à annoncer la fin du salariat, il est manifeste que le marché du travail du travail évolue très vite sous le double effet de la mondialisation et de l’introduction de technologies nouvelles. Les entreprises ont de plus en plus besoin de souplesse. Cela ne signifie pas qu’il faille «détricoter» notre système de protection des salariés, mais il est nécessaire de l’organiser autrement.

Lire ici l’intégralité de la tribune de Slate

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La fin du salariat « à la papa »

Lexpansion fin salariatDe plus en plus nombreux à quitter les rangs des salariés, ils sont les figures d’un nouveau capitalisme et accompagnent les transformations d’un monde du travail, dont les nouveaux contours restent à définir.

Indépendants, autoentrepreneurs, consultants, travailleurs détachés ou en portage salarial, jobbers qui arrondissent leurs fins de mois sur des plateformes collaboratives, multiactifs qui cumulent plusieurs activités… Les formes d’emploi à la périphérie du salariat traditionnel (en CDI ou CDD) se sont multipliées ces dernières années.

Certes, la France compte encore près de 24 millions de salariés, mais le nombre de non-salariés qui avait continûment chuté depuis les années 70 a bondi de près de 26% entre 2006 et 2011, si l’on en croit les dernières statistiques disponibles compilées par l’Insee. Ainsi, fin 2011, 2,8 millions de Français exerçaient une activité non salariée, soit 11,2% de l’emploi total. Un chiffre sans doute supérieur aujourd’hui, tant cette vague s’est répandue.

« On reçoit une centaine de candidatures par mois, contre deux ou trois seulement il y a trois ans, lorsque nous avons créé notre première structure de coworking à Paris », raconte Anthony Gutman, l’un des deux fondateurs du Remix. A côté du million d’autoentrepreneurs, 42000 personnes travaillent aujourd’hui en portage salarial, cinq fois plus qu’en 2002.

Un phénomène qui est loin d’être franco-français. 14% des travailleurs européens seraient des indépendants, d’après l’Organisation internationale du travail (OIT). Dans le monde anglo-saxon, ce n’est plus une vague, mais un tsunami. Outre-Manche, 40% des emplois créés depuis 2010 sont des postes d’indépendants. Aux Etats-Unis, 30 millions de travailleurs sont self-employed, et leur nombre pourrait grimper à 40 millions en 2019. « Dans tous les pays développés, la forteresse du salariat traditionnel est attaquée », analyse Raymond Torres, le directeur des études de l’OIT.

Epiphénomène, conséquence de la crise ou changement plus profond, manifestation d’une métamorphose du capitalisme? Denis Pennel, directeur général de la Confédération mondiale des services d’emploi privés (Ciett), n’hésite pas une seconde: « Nous vivons une mutation structurelle du travail, qui est devenu plus fragmenté, dispersé, collaboratif, individualiste, à la carte. »

L’intégralité de l’article de L’Expansion peut être lue ici

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