Révolution du travail: les défis des entreprises du XXIè siècle

Entretiens AcademieDenis Pennel, auteur, conférencier et Directeur général de la World Employement Confederation, est intervenu dans le cadre des Entretiens de l’Académie. A cette occasion, Il a présenté son dernier ouvrage « Travail, la soif de liberté: Comment les start-uppers, slashers, co-workers réinventent le travail » publié aux éditions Eyrolles en septembre 2017début d’année.

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Nous sommes en plein cœur d’une révolution du travail

DP + livreDans son dernier ouvrage, « Le travail, la soif de liberté », Denis Pennel, Directeur de la World Employment Confederation s’interroge sur les mutations majeures que connait le monde du travail. Multiforme, collaboratif, agile, individualisé, ce nouveau monde du travail vient remettre en cause le modèle du salariat. L’auteur propose, entre autre, 25  réformes, afin de garder le meilleur du salariat et du statut indépendant. Entretien. 

Quelles réflexions vous ont mené à écrire «Travail, la soif de liberté »?

Nous sommes en plein cœur d’une révolution du travail. Le travail est devenu multiple et protéiforme. Les actifs se définissent désormais de façon polycentrique : je suis ingénieur commercial mais également professeur de yoga, photographe amateur, bénévole dans une association humanitaire… Il y a déjà en France 2,3 millions de pluri-actifs, qui cumulent une activité salariale avec un travail d’indépendant ou qui ont plusieurs emplois salariés en même temps. Et ce chiffre ne tient pas compte d’une part majoritaire de la population qui développe des activités rémunératrices via les plateformes numériques (ebay, Uber, Le Bon Coin, Deliveroo etc.).

De plus, se développe une aspiration profonde à devenir acteur de sa vie professionnelle et réintroduire l’esprit d’entreprenariat dans la relation de travail, en sortant des sentiers trop balisés et contraignants du salariat. Une soif de liberté qui concerne tous les types de travailleurs : aujourd’hui, en tant que citoyen, nous sommes tous habitués à pourvoir choisir notre vie sexuelle, notre pratique religieuse ou spirituelle, notre façon de consommer… Pourquoi le monde du travail échapperait-il à cette tendance de fond ?

Libérer le travail, c’est le rendre accessible au plus grand nombre. Sur ce point l’échec du salariat dans sa forme actuelle est patent : persistance d’un chômage structurel élevé, exclusion des plus défavorisés du marché du travail, reproduction des élites, polarisation des emplois au détriment des classes moyennes. Si le salariat a tourné à plein régime durant les Trente Glorieuses pour intégrer une population active de plus en plus nombreuse et diversifiée (arrivée des travailleurs immigrés, entrée des femmes sur le marché du travail), le modèle a commencé à caler à la fin du XXème siècle avant de se gripper définitivement à l’entrée du XXIème siècle, n’arrivant plus à garantir le plein emploi.

Pensez-vous qu’il s’agit de la fin du salariat tel qu’il existait jusqu’alors? Pourquoi ?

L’emploi salarié a cadenassé le travail. La bureaucratisation du salariat (notre code du travail est passé de 600 articles en 1972 à plus de 8.000 aujourd’hui) a enfermé les individus dans des jobs hyper-cadrés, subis, sans marge de manœuvre. Le travail est prisonnier aujourd’hui de ses lois, de ses acquis sociaux, de ses normes, de la fausse perception d’un modèle monolithique protecteur, le CDI.

D’où les phénomènes de burn out (épuisement professionnel) et de bore out (ennui profond par manque d’intérêt de son travail). En outre, le salariat est basé sur une relation de subordination, c’est-à-dire la possibilité pour un chef de donner des ordres, de contrôler exécution et de sanctionner). Cette « servitude volontaire » ne correspond plus aux attitudes des citoyens, qui ont une soif de liberté dans le travail ! Conséquence : seulement 13% des salariés français sont motivés au travail[1].

Il est indispensable d’adapter le travail à l’environnement économique et social du 21ème siècle. Car de nombreux enjeux nouveaux sont apparus, que le salariat fordiste n’avait pas prévu : fin de l’unité de temps et de lieu du travail, concurrence entre travailleurs au niveau mondial, travail en ligne, population active vieillissante, mobiquité due aux nouvelles technologies, porosité croissante entre salariat et travail indépendant etc.

L’intégralité de l’interview peut être lue ici

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Travail : après la servitude, la liberté?

Radio CanadaChaque période de développement de l’humanité a connu son modèle de travail : dans les temps anciens, l’esclavage; puis le servage au Moyen-âge. Au 20e siècle, c’est le salariat qui domine dans les pays développés. Aujourd’hui, on assiste à une remise en question de ce modèle. Et si l’informatisation et l’intelligence artificielle libéraient l’homme du travail?

La radio publique canadienne Radio-Canada m’a interviewé pour discuter de l’évolution de l’emploi et échanger sur le contenu de mon livre « Travail, la soif de liberté » (Eyrolles), dans le cadre de sa série sur les mutations du travail.

 

L’intégralité de l’interview sur Radio-Canada peut être ré-écoutée ici

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Les slasheurs se multiplient: en Belgique, plus de 200.000 personnes cumulent plusieurs jobs

200.000 Belges cumulent plusieurs jobs

En Belgique, plus de 200.000 personnes exercent plusieurs métiers. Certains le font par obligation. D’autres posent le choix d’embrasser une carrière multiple. Ils sont banquier/boulanger, « instagrameur »/ mannequin, patron d’agence de com’/ prof d’éducation physique, consultant financier/fromager… On les appelle les « slasheurs ». Et ils sont de plus en plus nombreux.

La capacité à appréhender des tâches multiples serait même un phénomène générationnel, estime Denis Pennel, directeur de la World Employment Confederation et auteur de Travail, la soif de liberté (éditions Eyrolles) :  » La jeune génération est habituée au multitasking, elle fait plusieurs choses en même temps. Le slashing répond sans doute à cette nouvelle donne. Le marché du travail de demain sera multiple. Pourtant, les entreprises sont restées assez monolithiques.  » Les choses sont en train de changer, notamment sous la pression des plateformes numériques qui sont apparues ces dernières années, perçoit Denis Pennel. Des acteurs du web comme Uber ou Deliveroo bousculent des secteurs traditionnels comme le transport de personnes ou la livraison de repas. Des plateformes comme Upwork, qui met en relation des donneurs d’ordre et des free-lances, ou Amazon Mechanical Turk, spécialisée dans les petits boulots (sous) payés à la prestation, disruptent également le marché du travail.

Au point de poser la question fondamentale du salariat dans l’économie actuelle. Loin d’être en voie de disparition, celui-ci représente encore la plus grande part de l’emploi dans notre économie : 3,9 millions de salariés pour 680.000 indépendants, selon le SPF Economie. Mais au vu des mutations décrites ci-dessus, la proportion de travailleurs free-lances est probablement amenée à augmenter dans le futur :  » Le salariat ne va pas disparaître demain, mais sa part dans l’emploi va diminuer, avance Denis Pennel. Le salariat s’est imposé comme modèle dominant de la société industrielle. Mais il pourrait n’être qu’une parenthèse de l’histoire. Après la production de masse, on assiste à un renouveau de l’artisanat. Le travailleur ne doit plus compter sur une structure pour s’assurer un emploi, mais créer ses revenus professionnels en prenant les choses en main. C’est le retour de l’entrepreneuriat.  » Un terrain de jeu idéal pour les slasheurs.

L’intégralité de l’article publié par Trends-Tendance peut être lu ici

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« Demain, nous assisterons au retour de l’artisanat de masse »

Extrait de l’interview publiée pour le magazine Usbek & Rica. L’intégralité de l’article peut être lue ici.

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Auteur, conférencier, défricheur, influenceur… Denis Pennel est à l’image de la nouvelle réalité du travail qu’il décrit dans son livre : protéiforme. Dans son dernier livre, publié à la rentrée – Travail, la soif de liberté (Eyrolles, 2017) – il dépeint une société bouleversée, dans laquelle le travail tend de plus en plus à se détacher du salariat, du temps, des cadres, des institutions et de l’entreprise classique. Un nouveau monde dont il ne faut pas avoir peur, assure-t-il. Entretien. 

 

Dans votre nouveau livre « Travail, la soif de liberté » (Eyrolles), vous avancez que c’est en grande partie la demande des consommateurs qui va modifier le travail. Que voulez-vous dire exactement ?

Durant tout le XXe siècle, nous avons vécu dans une économie de « rattrapage » : il fallait produire en masse des produits standardisés pour un maximum de gens. Dans ce contexte, le salariat s’est imposé comme la norme, avec des syndicats puissants et des emplois quasiment assurés « à vie ». Dans son programme de 1981, Mitterrand prônait ainsi « le salariat pour tous » avec, si possible, le même statut pour tous les salariés que ceux de la fonction publique. Un dogme qui n’a pas fait long feu. Aujourd’hui, nous sommes, à l’inverse, dans « l’économie de l’abondance » : il suffit d’aller sur un site de vente en ligne pour avoir accès à des milliers d’offres et services. Ce que réclament les gens, désormais, c’est plus de produits personnalisés et délivrés à la demande. L’entreprise doit fournir des biens et services qu’elle n’a même pas encore fabriqués !

 

On assiste donc à un retour de l’artisanat ?

Exactement. On peut même parler du salariat comme d’une simple parenthèse dans l’histoire du travail. Avant la révolution industrielle, beaucoup de travailleurs étaient établis à leur compte : paysans propriétaires, vendeurs itinérants, commerçants… Demain, nous assisterons au retour de « l’artisanat de masse », avec des petits producteurs agricoles ou des créateurs indépendants. On voit aussi le retour, dans les centres-villes, d’épiceries de quartier sous la forme de franchises, tandis que le modèle des grands centres commerciaux est, quant à lui, plutôt sur le déclin.

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Vie professionnelle : « il y a une soif de liberté et une envie profonde de sortir du salariat »

libertéDans son dernier essai, Travail, la soif de liberté, Denis Pennel, directeur général de World Employment Confederation, revient sur les changement en cours sur le marché du travail. Entre les slashers – ces actifs qui mêlent plusieurs activités, par besoin financier ou pour exercer des missions plus satisfaisantes que leur job alimentaire – mais aussi les indépendants, les startuppers, les makers, etc., il estime que la servitude volontaire des individus au salariat est proche de la fin. Les actifs rêvent d’être davantage d’autonomie et si le CDI reste, encore aujourd’hui, le Graal pour s’intégrer à la société, son rôle de moins en moins protecteur montre les limites d’un cadre en voie d’obsolescence.

L’intégralité de l’interview peut être lue sur le site de Mode(s) d’Emploi

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Travail, la soif de liberté

liberté-guidant-le-peupleDans son dernier livre, Travail, la soif de liberté, Denis Pennel, expert du monde du travail, explore le nouvel âge du travail réinventé par les pionniers : slashers, coworkers, télétravailleurs, makers, freelances, auto-entrepreneurs.

Dans la continuité de l’évolution des formes de travail depuis l’esclavage, le servage et l’artisanat, le salariat s’est imposé comme modèle dominant pour travailler et accéder à la protection sociale. Sauf que la garantie de stabilité offerte par cette organisation s’effrite à grande vitesse. Il n’en reste que ses contraintes : travail répétitif, unité de lieu et de temps, petits chefs, organisations rigides, perte de sens de son travail.

Ce qui aboutit, selon l’auteur, à « un effacement de la notion de métier aux conséquences néfastes : perte de responsabilité, des collaborateurs interchangeables, des emplois où l’on ne s’accomplit pas. La bureaucratie de l’emploi a tué l’initiative au travail ». Et engendre des dérives plus graves : «  Dans sa version moderne, bureaucratisée et déshumanisée, le salariat a aussi engendré de l’ennui, du mal-être et du stress. Le salariat ne semble plus être le meilleur chemin vers un avenir meilleur ».

Le salariat a donc étendu son monopole sur le travail au XXe siècle. Malgré une opposition farouche des syndicats au début du siècle. Denis Plenel cite à ce propos, avec malice, Karl Marx qui prônait «  l’abolition du salariat ». A partir des années 1980, le modèle unique se fissure avec l’explosion des CDD, de l’intérim, des temps partiels. Malgré l’ambition de François Mitterrand affichée en 1981 de donner à tous les salarié la protection du statut de la fonction publique.

L’intégralité de l’article paru sur @zevillage peut être lue en cliquant ici

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