Libérons le travail pour reconnaître ses évolutions

Couverture finale

Livre à paraître le 7 septembre 2017

Extrait de ma tribune publiée dans Les Echos le 21/07/2017 – L’article complet peut être lu ici

Le marché du travail est devenu multiple. La promotion d’un modèle unique et monolithique, le CDI à temps complet, ne fait plus sens, car les attentes sur le marché du travail sont très variées, aussi bien du côté des entreprises que des individus.

Notre époque restera probablement dans les mémoires de nos descendants comme celle de l’hybridation. Notre environnement regorge d’illustrations de cette tendance de fond, où les frontières se troublent, les espèces se mélangent, les rôles se combinent. Les consommateurs sont devenus des « consom’acteurs » , car désormais étroitement associés aux processus de production.

De plus, concurrence et collaboration fusionnent pour donner naissance à la « copétition », où des entreprises s’associent pour développer de nouveaux marchés. Et ces mêmes entreprises deviennent « glocales », développant des stratégies mondiales mais appliquées au niveau local. Nos automobiles hybrides fonctionnent à la fois au moteur électrique et à explosion. Quant aux restaurants, ils servent de la « fusion food » , alliant saveurs des quatre coins du monde.

 

Notre marché du travail , dans lequel la diversité et la multiplicité se diffusent, est devenu complexe, volatil, incertain. Seules des solutions nouvelles, basées sur des innovations sociales visant à réconcilier des oxymores, contribueront à résoudre les enjeux auxquels nous avons à faire face : droits sociaux réunis dans un compte individuel, création de coopératives d’actifs, cumul favorisé de différents types de revenus (emploi/études, emploi/retraite, salariat/travail indépendant, travail/minima sociaux, prestations assurantielles et de remplacement), généralisation de la possibilité de rupture conventionnelle à tous les contrats de travail (CDD et intérim inclus), transfert du financement de la protection sociale des cotisations sociales vers l’impôt, etc.

Qui dit marché du travail hybride dit solutions hybrides !

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Le salariat est-il condamné ?

Cercle eco la croixLes 17è rencontres économiques d’Aix-en-Provence, consacrées « à la recherche de nouvelles formes de prospérité », ont débattu de l’avenir du salariat. Décryptage.

À l’heure des nouvelles technologies et d’une économie en transformation profonde, le salariat semble de plus en plus « ringardisé », au profit du travail indépendant et des créateurs de start-up. Ces nouvelles formes d’emploi sont davantage valorisées, vues comme des voies plus intéressantes aujourd’hui pour qui veut être prospère, gagner sa vie en s’épanouissant au plan personnel. Illusion ou réalité ? Obsolète, le salariat ? Les 17è rencontres économiques d’Aix-en-Provence, consacrées « à la recherche de nouvelles formes de prospérité », ont débattu de cette question. Le journal La Croix décrypte les grands éléments du débat.

Statistiquement, « le salariat reste ultra-dominant en France, qui pèse 90 % des emplois du pays », décrit Stéphane Carcillo, spécialiste de l’emploi à l’OCDE. N’empêche, ce statut n’a rien d’une généralité dans le temps et dans l’espace. « Dans le monde, le salariat reste minoritaire, insiste Denis Pennel, directeur général de World Employment Confederation, la Confédération mondiale des agences d’emploi, et on l’observe surtout dans les pays développés ». D’après cet expert, seule 40 % de la population active mondiale est salariée, c’est le même pourcentage au Brésil, quand les salariés sont seulement 7 % en Inde. Il rappelle que le salariat, considéré aujourd’hui en France comme le statut idéal pour un travailleur, « a d’abord été décrié quand il est apparu, durant la révolution industrielle. Marx le décrivait comme un outil d’exploitations des travailleurs, qui se voyaient dépossédés de leur instrument de travail. »
C’est après la deuxième guerre mondiale que le salariat a commencé à véritablement se généraliser. Motif : le début de l’ère de la production de masse dans les grandes usines pour répondre à la société de consommation impliquait de « fixer » la main-d’œuvre dans des lieux définis.

L’intégralité de l’article de La Croix peut être lue ici.

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Tout travail ne mérite plus salaire?

DP rencontres Aix 2017Le développement du travail indépendant pourrait n’être qu’une mode. Le ministère du Travail va encourager la stabilité, avec un système de bonus-malus.

La révolution du travail, notamment numérique, va-t-elle entraîner la fin du travail salarié au profit des indépendants? La thèse est en vogue, appuyée en France sur le million d’actifs ayant décidé de devenir autoentrepreneur.

Pas si vite, corrige Marc Ferracci, conseiller spécial de Muriel Pénicaud, ministre du Travail. Oui, nombre d’activités sont sous-traitées, effectuées par des travailleurs indépendants en relation commerciale avec un donneur d’ordre, et non plus des salariés subordonnés à une entreprise. Mais il s’agit souvent d’une « indépendance subie, qui s’apparente à une forme de dépendance », a-t-il expliqué lors d’une table ronde aux Rencontres d’Aix. À ses côtés, l’avocat Georges Terrier pointe un « salariat fragilisé », mais assène : « Cette idée d’entreprise sans salarié n’ira pas plus loin que le concept de pays sans usine ! »

« C’est une discussion de riches », ironise l’expert Denis Pennel (World Employment Confederation) : dans le monde, 60 % des actifs ne sont pas salariés. Surtout, la production de masse cède le terrain à « une économie à la demande », davantage susceptible de « faire travailler un ingénieur indien et un comptable chinois » – indépendants, bien sûr.

Dans tous les cas, la « biodiversité du marché du travail, avec plus de 40 types de contrats différents » (Denis Pennel), et « la tendance au raccourcissement de la durée des contrats » (Marc Ferracci), obligent à revoir les règles.

L’intégralité de l’article de L’Alsace peut être lu ici

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Non, le travail n’est pas en train de disparaître!

Plusieurs études estiment que des millions d’emplois sont menacés par les robots et automates. Seulement, sur les deux derniers siècles, les gains de productivité liés au progrès technique ont plutôt été traduits par une réduction du temps de travail. Le risque d’un chômage technologique massif est donc écarté.

robotisationEn 1995, l’essayiste américain Jeremy Rifkin annonçait dans son best-seller la « fin du travail ». Plus récemment, plusieurs universitaires et hommes politiques, dont Benoît Hamon, vainqueur de la primaire de gauche, ont repris l’antienne de la « raréfaction du travail », due à l’automatisation et la robotisation de notre économie.

Dans leur célèbre étude, Carl Frey et Michael Osborne ont estimé que 47% des emplois américains risquaient de disparaître d’ici à 2020. Leur méthodologie est depuis contestée. L’OCDE a calculé de façon plus rigoureuse qu’en moyenne seulement 9% des emplois présentent un risque élevé d’automatisation. Une analyse confirmée par le Conseil d’orientation pour l’emploi (COE) dans un rapport publié le 10 janvier : « moins de 10% des emplois cumulent des vulnérabilités qui pourraient en menacer l’existence dans un contexte d’automatisation ». En France, plus de 3 millions d’emploi seraient menacés d’ici à 2025.

Alors non, le travail ne va pas se raréfier et encore moins disparaître dans les années à venir. Si la machine ne faisait que remplacer l’humain, il n’y aurait plus aujourd’hui que très peu de travail humain dans la production, qui serait déjà assurée par des robots et automates. Le risque de chômage technologique massif peut être écarté pour de multiples raisons.

D’abord, l’automatisation ne signifie pas automatiquement substitution. L’automatisation n’élimine pas tant des emplois qu’elle se substitue à l’humain sur certaines tâches, redessinant les processus de production. Robots et machines modifient nombre de tâches au sein d’un emploi, sans pour autant le rendre obsolète.

L’intégralité de l’article publié dans Les Echos peut être lu ici : Non, le travail n’est pas en train de disparaître, Le Cercle

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« Nous vivons moins une crise de l’emploi qu’une révolution du travail »

hr-square-cover-janvier-2017Le magazine HR Square publie dans son numéro daté de Janvier/Février 2017 un long article sur le livre de Denis Pennel « Travailler pour Soi. A l’heure où l’emploi devient fragmenté, individualisé, à la carte, moins subordonné et plus collaboratif, le métier de DRH doit évoluer et se redéfinir pour retrouver son véritable rôle: remettre l’Homme au coeur de l’entreprise.

L’article peut être lu en cliquant sur ce lien:  hr-square-14-janvier-2017

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Comment on travaillera demain

cover-management-janvier-2017Le magazine Management de janvier 2017 consacre sa Une au monde du travail de demain. Avec à la clé sept scénarios pour l’avenir de nos entreprises, pouvant devenir éclatée, collaborative, décentralisée, automatisée, relocalisée, fluctuante, cellulaire ou data-driven.

Extraits:

« Télétravail, automatisation des tâches, transition numérique: les tendances actuelles présagent une profonde mutation du monde professionnel. Ce que nous vivons, c’est moins une crise de l’emploi qu’une révolution du travail, affirme Denis Pennel, DG de la World Employment Confederation et auteur de Travailer pour Soi (Seuil). Selon le rapport 2016 « The Future of Jobs » du World Economic Forum, cette révolution est due autant à l’impact des nouvelles technologies qu’à la transformation de la nature même du travail, plus imatériel, diffus et flexible que par le passé.  Pour Denis Pennel et Albert Meige, fondateur de Presans, start-up spécialisée dans l’open innovation industrielle, la conjonction de ces deux phénomènes pourrait bien faire ressembler l’économie de demain… à celle d’avant hier, avant la révolution industrielle: « Nous allons à nouveau être nos propres patrons, redevenir chacun propriétaires de nos outils de production – un ordinateur et une connexion Internet – et travailler chez nous, de la même manière que les artisans oeuvraient autrefois dans leurs ateliers. »

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C’est l’économie à la demande, stupide!

Parapha-la-demanderasant la célèbre phrase de Bill Clinton, nous vivons aujourd’hui un phénomène qui bouleverse notre modèle : la généralisation d’une économie à la demande, dictée par les exigences du consommateur et rendue possible par la digitalisation.
La plateformisation de l’économie en est l’illustration la plus frappante : un taxi contacté via Uber en moins de 5 minutes, un dîner livré  à la dernière minute par Deliveroo, un livre commandé sur Amazon reçu sous 24h… Mais le phénomène va bien au-delà de cette « ubérisation » et tous les secteurs sont touchés : Zara ou H&M ne produisent plus que des petites séries de vêtements qui, une fois vendues, ne seront pas ré-achalandées ; les constructeurs automobiles vendent leurs voitures avant de les avoir produites. Le succès de l’économie du partage témoigne également de cette tendance : Velib et Autolib sont plébiscités car ils mettent à disposition un produit pour répondre à un besoin immédiat. Demain les librairies seront remplacées par des cafés équipés d’imprimantes qui éditeront à la demande le livre que vous recherchez, en ayant la possibilité de personnaliser la couverture ou d’ajouter une dédicace : plus de stocks à gérer, plus de retour des invendus pour les libraires ! Et l’impression 3D ne fera qu’amplifier le mouvement quand, faisant écho à l’appel de Mao de créer des milliers de mini-hauts fourneaux, notre territoire se couvrira d’une multitude de fab labs, véritables mini-centres de production à la demande.

Cette économie à la demande nous fait entrer de plain pied dans l’ère de l’artisanat de masse, caractérisée par la production de biens et services à grande échelle mais de façon personnalisée. Une économie qui se définie par un service en temps réel, des circuits de production raccourcis, où l’usage prévaut sur la propriété, un consumérisme effréné où les consommateurs sont les maîtres du jeu. Conséquence, les entreprises se sont adaptées pour répondre aux caprices de leurs clients, et ont adapté leur système de production afin de gagner en souplesse et en réactivité : recours à des formes de travail flexible, externalisation de la production, utilisation de freelances, aboutissant à l’avènement d’une entreprise éclatée et l’essor des chaînes d’approvisionnement mondiale.

La voilà notre nouvelle révolution industrielle, qui signe la mort définitive de la production de masse, caractérisée par une domination de l’offre. Aujourd’hui c’est le consommateur qui décide, qui impose ses choix, à tel point que les producteurs les plus intelligents ont compris qu’il fallait les associer en amont dans le processus de production (d’où l’émergence des consomm’acteurs !). C’est désormais la demande qui dicte l’offre. A l’alliance Fordiste nouée entre les travailleurs et les dirigeants d’entreprise (j’augmente les salaires pour que mes salariés puissent acheter mes produits) s’est substitué un pacte entre actionnaires et consommateurs : je soutiens l’externalisation et la sous-traitance afin pouvoir acheter des biens et services les moins chers possible. Mais le problème est que, comme le dit Pierre-Yves Gomez, « le paradis des consommateurs est devenu l’enfer des travailleurs ». Car pour produire au plus vite et le moins cher possible, les entreprises ont coupé dans leurs effectifs. L’individu se retrouve pris en tenaille schizophrénique entre d’une part sa volonté de consommer toujours plus et le risque majeur de perdre son emploi.
Le développement de cette économie à la demande nous ramène étrangement au passé, à l’époque proto-industrielle où la plupart des actifs étaient des artisans indépendants, travaillaient de chez eux, étaient libres d’organiser leur temps de travail, possédaient leurs outils de production et étaient payés à la tâche. Si cette évolution se confirme, il est temps de repenser notre modèle social basé sur le salariat pour inventer de nouvelles formes de protection sociale correspondant au retour du travail indépendant. Si le futur risque bien de ressembler au passé, ce n’est pas en essayant de colmater notre système actuel que l’on  arrivera à inventer des solutions à la hauteur des défis posés par cette nouvelle révolution industrielle.

Cet article a été publié dans une version légèrement modifié par Les Echos le 20 décembre 2017 et peut être lu ici

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