Replay de mon passage dans l’émission « 50 minutes avec »

Le Replay de mon passage dans l’émission « 50 minutes avec » sur la chaîne d’info LN24 est désormais disponible ici

Une bonne synthèse des principales idées de mon nouveau livre « Le paradis du consommateur est devenu l’enfer du travailleur » paru aux Editions du Panthéon.

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Parution de mon ITW dans le magazine Trends-Tendances

Dans son édition du 7 janvier, le magazine économique belge Trends-Tendance a publié une longue interview de 4 pages à l’occasion de la parution de mon nouveau livre « Le paradis du consommateur est devenu l’enfer du travailleur ». L’article est disponible ici

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Le télétravail va-t-il tuer le salariat ?

Le salariat s’est généralisé au cours de la deuxième moitié du siècle dernier dans les économies développées, pour couvrir plus de 80% de la population active. Cette généralisation s’est traduite par une triple unité pour le travail. Suivant les règles du théâtre classique, le travail se déroulait désormais dans une unité de temps, de lieu et d’action. Des horaires fixes et déterminés à l’avance unifiaient le temps de travail. Le regroupement des ouvriers dans des usines sur des chaînes de montage puis des employés dans des bureaux a créé l’unité de lieu. Auparavant dispersés, travaillant souvent de chez eux, les travailleurs du XXème siècle ont dû s’habituer à venir à l’usine ou au bureau pour effectuer leur journée de labeur. Enfin, l’unité d’action se caractérisait par la standardisation du type de contrat utilisé pour formaliser la relation de travail : le fameux contrat à durée indéterminé (CDI) !

Aujourd’hui se pose la question de savoir si l’essor du télétravail ne va pas achever de mettre fin à cette triple unité, si caractéristique du salariat moderne. Il faut dire que les coups de butoir avaient commencé depuis plusieurs décennies. A partir des années 1980, la diversification des contrats de travail (CDD, intérim, apprentissage etc.) avait commencé à saper l’unité d’action. Si le CDI reste majoritaire, sa part dans la population active est passée en dessous de la barre des 60% en Europe. Et en flux, plus de 80% des embauches sont désormais réalisées sous forme de CDD, avant d’être éventuellement transformées dans un second temps en CDI.

Parallèlement, l’unité de temps s’est distendue avec le besoin de flexibiliser les horaires de travail pour adapter la production aux fluctuations croissantes de l’économie. Crise économique, volatilité croissante, ont entraîné pour les entreprises la nécessité de pouvoir adapter le temps de travail en fonction des carnets de commande. Mais l’unité de temps a également été remise en question par les individus eux-mêmes, souhaitant travailler à temps partiel, en horaires décalés, le soir ou le week-end pour certains. Cette déstandardisation des horaires a fait éclater la belle unité de temps.

Dernier bastion de l’unité à avoir le mieux résisté jusqu’à présent, l’unité de lieu est aujourd’hui attaquée de toute part. Ce que la digitalisation avait commencé, la crise du Covid l’a accéléré à la vitesse de la lumière ! Avant le premier confinement, environ 7% de la population active effectuait régulièrement du télétravail. Ce chiffre a explosé au cours du premier confinement pour atteindre près de 35% ! Alors que face au télétravail les plus frileux étaient les employeurs, ceux-ci se sont convertis – de gré ou de force – au cours des derniers mois. Finies les réticences face à la peur de perte de productivité, de contrôle ou de motivation de leurs collaborateurs. Depuis mars dernier, les salariés ont démontré que travailler à la maison ne signifiait pas se lever à 10h, travailler en pyjama jusque midi puis faire la sieste après le déjeuner. Au contraire, les télétravailleurs ont démontré leur résilience face à la crise, leur engagement au travail, et le fait qu’on pouvait leur faire confiance à distance. Certaines études ont même démontré que la productivité a augmenté, les travailleurs étant débarrassés de bureaux open-space bruyants et contre-productifs, de petits chefs voulant tout contrôler en permanence et/ou de perte de temps dans les trajets domicile bureau !

Un cadre de travail devenu plus épanouissant, où le salarié a retrouvé de la liberté dans la façon d’organiser son travail et la maîtrise de son emploi du temps. Le Covid a parachevé la quasi-disparition du salariat traditionnel, ce fameux CDI fordiste, à horaires fixes, réalisé sur un lieu déterminé, du lundi au vendredi de 9h à 17h !

Mais au-delà de la triple unité de temps, de lieu et d’action, le télétravail remet en cause une autre caractéristique – juridique cette fois – du salariat : le lien de subordination. Définie en droit comme l’exécution d’un travail sous l’autorité de l’employeur qui a le pouvoir de donner des ordres et des directives, d’en contrôler l’exécution et de sanctionner les manquements de son subordonné. Mais comment continuer à appliquer ce principe quand votre collaborateur se trouve à plusieurs dizaines de kilomètre de son bureau ? Au lien de subordination doit se substituer une relation de confiance, où le présentéisme n’a plus aucun sens et où seuls comptent les résultats. Une dernière évolution qui risque de mettre à mal définitivement la relation salariale dans sa compréhension actuelle.

 Cet article fait partie d’une série dont les thèmes sont issus de mon nouveau livre, paru le 18 décembre dernier. Plus d’infos ici

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Economie à la demande: Et si l’entreprise se consumérisait elle-aussi?

La généralisation d’une économie dictée par la demande incarne un modèle où le consommateur est devenu roi. C’est lui qui désormais impose ses conditions au marché, exigeant d’être servi 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, d’avoir accès à un nombre toujours plus grand de services et de produits personnalisés, et ce au moindre prix.

Cette folie consumériste a transformé les citoyens que nous sommes en clients effrénés, avides de toujours plus et « d‘avoir plein nos armoires » comme chantait Alain Souchon, mais aussi « d’avoir les quantités de choses qui donnent envie d’autre chose”.

Notre modèle économique s’est tourné vers une course effrénée pour choyer et satisfaire le consommateur. Et l’on peut se demander si aujourd’hui le monde de l’entreprise n’est pas aussi impacté par ce phénomène.

Reflet d’un monde qui s’accélère et d’une société où tout va toujours plus vite, l’espérance de vie d’une entreprise n’a cessé de se réduire au cours des dernières décennies : elle était encore de 75 ans dans les années 1930, avant de tomber à 40 ans dans les années 1970 et à 15 ans aujourd’hui ! Mais phénomène inverse, il n’a jamais été aussi facile et rapide de créer son entreprise :  en quelques clics et quelques minutes, on peut devenir (micro)entrepreneur ! Comme un produit de consommation, on dirait que l’obsolescence des entreprises est programmée. L’entreprise se consumérise elle aussi, victime des nouveaux comportements des consommateurs, de plus en plus volatiles et fugaces.

Le consumérisme s’invite au travail !

Car sous le travailleur perce désormais le consommateur ! Cette quête effrénée de posséder toujours plus (de choses inutiles), de satisfaire en temps réel ses pulsions de consommation, affecte également le monde du travail, qui tend à devenir un produit de consommation. Je travaille quand je veux, où je veux ! Je veux du choix dans la satisfaction de mes besoins au travail ! Je veux un package de rémunération qui s’adapte à mes contraintes ou mes envies. L’aspiration à un bonheur différé a été remplacé par l’impératif absolu du bien être immédiat ! Plus question d’attendre la retraite pour commencer à profiter de la vie, le travail doit apporter une satisfaction immédiate en répondant aux besoins des travailleurs consommateurs.

Dans ce contexte, le nouveau mot d’ordre est devenu l’individualisation de la relation de travail et l’injonction au bonheur au travail. De plus en plus, les individus consomment le travail comme ils consomment des biens et services : fidèles à une marque tant qu’elle les satisfait, volonté de participer à l’amélioration des produits, attente de comportements responsables et soucieux du respect de l’environnement ou des normes sociales, appel à boycott d’entreprises non vertueuses etc. Ainsi, 92% des candidats pourraient envisager de quitter leur emploi actuel si l’offre d’emploi émane d’une entreprise qui bénéficie d’une excellente réputation[1]. Le citoyen désormais sensibilisé aux enjeux et éthiques et environnementaux du monde dans lequel il vit exige désormais des comportements similaires de la part de son employeur. Pour quelles raisons ces nouvelles attitudes s’arrêteraient-elles au seuil des entreprises ?

Devenu consommateur de travail, l’individu est devenu plus exigeant et volatile dans sa relation au travail. Selon une étude ADP[2], le « poste à vie » continue de décliner en popularité, seulement 27% des collaborateurs affirmant avoir l’intention de continuer de travailler pour leur employeur actuel jusqu’à la fin de leur carrière, soit une baisse de 11% par rapport à 2015. Plus question de rester dans une entreprise dont les activités sont en contradiction avec mes valeurs individuelles, plus question de supporter ce manager ‘petit chef’ aux comportements toxiques, plus question de se maintenir dans un job dont on ne distingue ni le sens ni l’intérêt. Le travailleur-consommateur – ou plutôt le consommateur-travailleur ? – n’hésite pas à changer d’employeur en fonction de ses humeurs ou d’un mot déplacé que son supérieur hiérarchique aura eu le malheur de prononcer !

Et en bons consommateurs habitués à décerner des scores de satisfaction, ils iront ensuite poster sur Glassdoor (le TripAdvisor du monde de l’entreprise) une évaluation de leur expérience vécue au sein de leur ex-employeur, tout comme à l’issue d’un WE passé à l’hôtel, ils iront mettre en ligne un commentaire et une évaluation de l’hôtel dans lequel ils auront logé !

Le marketing pénètre le monde des RH

Nombre d’entreprises ont compris cette évolution inéluctable et adopté des politiques de gestion des ressources humaines inspirées des meilleures techniques de marketing. Elles se comportent de plus en plus comme des enseignes commerciales : valorisation de la marque employeur (similaire à l’importance pour les marques de produits de grande consommation de soigner son image), programme de fidélisation de ses salariés (comme on fidélise ses clients), utilisation de ses collaborateurs comme ambassadeurs de l’entreprise (rien ne vaut la recommandation d’un autre consommateur pour acheter un produit), développement de programmes sur-mesure en termes de rémunération ou de temps de travail (pour offrir un service individualisé à ses clients), valorisation de « l’expérience client » du travailleur (est-il heureux dans son travail, quel est son retour sur ses!conditions de travail ?), enquêtes de satisfaction. Car des collaborateurs engagés et satisfaits – comprenez ceux qui ont une expérience client positive – contribuent pleinement à la réussite de l’entreprise et à la croissance de son chiffre d’affaires !

Mais cette approche marketing des RH pose également nombres de questions. Le travail est-il un bien de consommation comme un autre ? Le client interne – à savoir le travailleur – peut-il être satisfait ou remboursé ? Si oui, de quoi et sous quelles formes ?

La vague consumériste qui affecte par capillarité le monde de l’entreprise oblige employeurs et employés à revoir le pacte qui les lie, afin de redéfinir les termes de leur engagement réciproque !

 Cet article fait partie d’une série dont les thèmes sont issus de mon nouveau livre, paru le 18 décembre dernier. Plus d’infos ici


[1] Corporate Responsibility magazine, 9/2015

[2] Etude ADP menée auprès de 10.500 salariés de 8 pays européens – The Workforce view in Europe in 2019

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Quel impact aura le Covid sur la folie consumériste ?

Lors de l’édition 2020 du Black Friday, les consommateurs américains ont dépensé en ligne 6,2 millions de dollars par minute, soit un total de 4,5 milliards de dollars ! Un chiffre étourdissant qui place cette journée de Black Friday en bonne position pour atteindre un nouveau record, avec une hausse prévue de 20 à 29% par rapport à l’année dernière.

Et ceci malgré le fait que la crise du Covid-19 a mis en exergue cette addiction collective : notre appétit insatiable, notre soif inextinguible pour une consommation effrénée, en temps réel, accessible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. A cause de – ou grâce à diront certains– de longues semaines de confinement, nous avions pourtant redécouvert la notion de manque, la lenteur, la patience, la frugalité, le silence et le calme dans les villes.

Attendre plusieurs semaines pour se faire livrer un produit acheté en ligne, faire face dans les magasins à des rayonnages vides, ne pas trouver sa marque préférée de bière ou de céréales, ne pas pouvoir acheter sur des sites de commerce en ligne des biens car jugés non-essentiels et donc non prioritaires. L’épidémie du Covid-19 a suscité nombre de frustrations chez les consommateurs gâtés que beaucoup d’entre-nous étions jusqu’alors. Cette crise a montré de façon inattendue et violente que la course à la consommation immodérée peut être arrêtée, que nous ne chevauchions pas une monture incontrôlable.

Alors, qu’allons-nous retenir de cette pandémie ? Est-ce que les effets de cette crise vont perdurer sur le long terme ?  Allons-nous reprendre tranquillement nos vies d’avant ou au contraire en profiter pour réfléchir à ce que ces semaines de confinement nous ont apporté ?

Le virus nous a rendu l’envie d’avoir envie, comme chantait Johnny!

Une grande partie de la société – et de nous-mêmes – a du mal à supporter le confinement et ses conséquences : réduction drastique de notre vie sociale, privation de sorties culturelles, perte d’un emploi, disparition d’un proche âgé, etc. En revanche, nous avons redécouvert ce que nous avions perdu de vue : la possibilité de manquer de quelque chose, que ce soit un bien matériel, un service comme aller chez le coiffeur ou nos interactions sociales. En un mot : tout ce qui nous avions tenu pour acquis sans nous rendre compte de notre chance.

Pour nombre de Français, la notion de manque avait disparu. Tels des enfants gâtés, nous voulions tout et nous avions (presque) tout ! Désormais, le virus nous a rendu l’envie d’avoir envie comme chantait Johnny! La crise du coronavirus a de ce point de vue été salvatrice, et doit nous amener à nous poser les bonnes questions alors que nous avons repris nos vies normales. L’épidémie doit questionner ce que voudra dire cette nouvelle normalité.

Consommateurs privilégiés que nous sommes, citoyens d’une société et d’un pays riche, allons-nous nous poser quelques instants, descendre du train à grande vitesse de la consommation pour réfléchir sur l’expérience de ces derniers mois. De quoi avons-nous réellement manqué ? Qu’est-ce qui nous a au contraire enrichi au cours de ces jours passés chez soi, au sein de sa famille rapprochée ?

Allons-nous réduire nos déplacements à l’étranger, renoncer à prendre l’avion ou le train de peur de la proximité avec les autres passagers ? Sommes-nous prêts à revoir nos modes de consommation, à payer plus chers des produits de qualité fabriqués localement, à ne pas céder à la pulsion d’acheter pour le simple désir de dépenser.  Consommer moins, refaire des choses simples en famille, faire de l’exercice physique quotidiennement.  Continuer à exprimer notre reconnaissance et notre gratitude envers les héros du quotidien que sont le corps médical et le personnel soignant mais aussi les travailleurs des magasins alimentaires, les éboueurs, les postiers, tous sont qui ont continué à travailler malgré les risques de contagion.

Commençons sans tarder à relocaliser nos chaînes d’approvisionnement, à préférer le local au global, à favoriser les producteurs locaux et les circuits courts, à privilégier la qualité des produits à leur quantité et médiocrité ? Utilisons cette crise pour mettre en place une nouvelle frugalité, à appliquer la règle des 3M : Moins Mais Mieux !

Cet article est le deuxième d’une série dont les thèmes sont issus de mon nouveau livre, paru le 18 décembre dernier : plus d’infos ici.

Vous pouvez déjà commander le livre sur le site de la FNAC ou Amazon

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Télétravail : Quel sera son impact dans un monde post-Covid ?

La crise sanitaire du Covid-19 aura entraîné un essor phénoménal du télétravail Avant la crise, beaucoup d’employeurs étaient réticents à offrir à leurs collaborateurs la possibilité de travailler à distance, alors que leurs employés étaient plutôt demandeurs. Le Covid a fait nécessité et a obligé les entreprises, quasiment du jour au lendemain, à généraliser le travail hors de leurs murs.

En France, au pic de l’épidémie, environ un tiers des salariés ont télétravaillé. Ce chiffre s’élève même à 71% pour les cadres en France[1] depuis le reconfinement. Clairement, le télétravail aura un impact durable et profond sur notre économie. Une étude récente de McKinsey vient de le confirmer. Même si seulement 20% de la population active continue de travailler à distance, ce sera 3 à 4 fois plus qu’avant la pandémie. Les conséquences seront immenses pour notre modèle économique. De nombreux secteurs seront durablement impactés – transports, restauration, immobilier – et la consommation profondément bouleversée.

Premier secteur affecté, celui des transports. Le télétravail signifie la diminution des trajets bureau-domicile quotidiens. Le trafic automobile s’est déjà réduit, tout comme la fréquentation des trains et du métro. Conséquence : une diminution des recettes pour les sociétés de transport, moins d’embouteillages mais également une diminution des ventes de voiture, d’essence et d’entretien mécaniques. Tout un secteur lourdement impacté qui va devoir repenser son modèle économique…

Le secteur de l’immobilier sera affecté doublement. Côté professionnel, de nombreuses entreprises vont réduire leurs surfaces de bureaux. A l’échéance de leur bail, de nombreux mètres carrés de bureaux vont être remis sur le marché, entraînant par la même une baisse des prix. Un phénomène qui touchera plus particulièrement les grandes villes, là où les prix sont les plus élevés. Côté particuliers, le télétravail a déjà stimulé les ventes ou locations de biens disposant de plus d’une chambre à coucher (pour pouvoir installer un bureau chez soi) et équipés de terrasses ou de jardin (effet direct du confinement). A San Francisco, le prix de location d’un appartement F1 a diminué de 24% depuis le confinement. Un nouvel exode – rural cette fois – se profile également, profitant aux villes de taille moyenne recherchée pour leur qualité de vie et des coûts moins élevés. A New York, en septembre dernier, 15.000 appartements seraient disponibles à la location, un record historique ! Il faut noter que depuis le début de l’année, la ville a perdu 100.000 habitants. La tendance historique d’une urbanisation toujours croissante va sinon se retourner au moins se stabiliser dans les années qui viennent.

Qui dit moins de bureaux en ville dit aussi moins de services liés à la vie de l’entreprise : restaurants d’entreprise, cafés, bars et restaurants des quartiers d’affaires vont souffrir d’une baisse de fréquentation. L’essor du télétravail aura un impact sur tout l’écosystème gravitant autour de la vie de bureau : magasins, services aux entreprises (nettoyage, maintenance, restauration collective) et services aux particuliers (coiffeurs, conciergerie etc.).

Enfin, c’est tout le modèle de consommation qui va être bouleversé. La réduction des dépenses en matière de transports, de restauration à l’extérieur, de vêtements de bureau, de machines à café, d’équipements de bureaux va se faire au profit des commerces de quartier en zone résidentielle, des livreurs de repas à domicile, de sportswear, de matériel de décoration d’intérieur et de jardinage. Une tendance déjà en cours, accélérée par le fait que des millions de personnes vont passer plus de temps chez eux.

Et si de plus en plus de citoyens vont déménager en zone rurale ou dans des villes de taille moyenne, ce sont les services publics (poste, écoles, hôpitaux etc.) qui vont devoir suivre et se réimplanter au plus près de leurs clients et patients. Un renversement de tendance de ces dernières décennies… Quand un petit changement entraîne de profondes mutations !

Cet article est le début d’une série dont les thèmes sont issus de nouveau prochain livre, paru le 18 décembre dernier. Plus d’infos ici


[1] https://www.cadremploi.fr/editorial/actualites/actu-emploi/reconfinement-la-majorite-des-cadres-teletravaillent-mais-pas-tous-a-temps-complet-

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Le livre à lire du Vendredi : Réinventer le salariat

“Dans sa version moderne, bureaucratisée et déshumanisée, le salariat a aussi engendré de l’ennui, du mal-être et du stress. Le salariat ne semble plus être le meilleur chemin vers un avenir meilleur”

L’Observatoire de la Compétence Métiers vient de publier une recension de mon dernier livre: vous pouvez trouver l’intégralité de l’article ici

Paru aux éditions Eyrolles en 2017, le livre de Denis Pennel “Travail, la soif de liberté : comment les start-uppers, slashers, co-workers réinventent le travail” interroge les nouvelles manières d’exercer son activité professionnelle et l’aspiration des travailleurs du XXIe siècle à plus d’autonomie et de liberté. 

Denis Pennel est directeur général de la World Employment Confederation. Expert du monde du travail, il questionne les nouvelles pratiques professionnelles et propose des réformes articulant besoin de sécurité et liberté personnelle. Dans “Travail, la soif de liberté : comment les start-uppers, slashers, co-workers réinventent le travail”, il dresse le bilan de l’histoire du salariat. Selon lui, l’individu a toujours cherché à acquérir le plus de droits possibles. Si le salariat fut le grand progrès du Xxe siècle, celui du XXIe siècle sera l’indépendance. “Après l’esclavage, le servage, l’artisanat et le salariat, le travail entre dans un nouvel âge”, note-t-il. 

En effet, le salariat n’est plus le modèle adéquat pour notre société. Conçu pour l’économie de masse et les tâches industrielles, ce dernier est mené à mal. Le CDI, toujours vu comme le saint Graal, se raréfie. Le cadre rigide qu’il instaure ne va pas de pair avec la volonté des nouveaux arrivants sur le marché de l’emploi à plus d’autonomie et d’initiative personnelle. “Dans sa version moderne, bureaucratisée et déshumanisée, le salariat a aussi engendré de l’ennui, du mal-être et du stress. Le salariat ne semble plus être le meilleur chemin vers un avenir meilleur”, détaille Denis Pennel dans son ouvrage. Mais il reste le seul contrat offrant une protection sociale satisfaisante et permettant de se soigner, de se loger et d’élever ses enfants avec sérénité.  Comment réinventer, donc, le travailleur de demain ? Pour Denis Pennel, l’avenir sera fait de progrès si les mentalités parviennent à évoluer. Les robots soulageront l’homme des tâches les plus rudimentaires, de nouveaux espaces de socialisation verront le jour et l’autonomie augmentera l’esprit d’initiative. Mais pour que cette liberté n’aille pas de pair avec la précarité, le système doit être repensé : un code du travail revu, des protections sociales réinventées… Tout un programme pour “libérer le travail” et permettre à chacun d’exprimer son potentiel. Au boulot !

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La crise du Covid a accéléré l’hybridation du travail

Notre époque restera probablement dans les mémoires de nos descendants comme celle de l’hybridation. Notre environnement regorge d’illustrations de cette tendance de fond, où les frontières se troublent, les espèces se mélangent, les rôles se combinent. Les consommateurs sont devenus des consom’acteurs, car désormais étroitement associés aux processus de production. De plus, concurrence et collaboration fusionnent pour donner naissance à la coopétition, où des entreprises s’associent pour développer de nouveaux marchés. Nos automobiles hybrides fonctionnent à la fois au moteur électrique et à explosion. Quant aux restaurants, ils servent de la « fusion food », alliant saveurs des quatre coins du monde.

Le monde du travail n’échappe pas à cette hybridation. Le temps de travail devient de plus en plus perméable, avec une porosité croissante entre vie privée et vie professionnelle. L’explosion du télétravail dû au Covid n’en est que l’illustration la plus frappante ! Les lieux de travail se dématérialisent pour donner naissance à des espaces de « coworking » ou à des tiers lieux, marquant la fin de la séparation stricte entre domicile et bureau. Autre illustration, la nouvelle génération des « slashers », ces jeunes qui combinent simultanément plusieurs activités professionnelles : informaticien/vendeur sur ebay/chauffeur Uber/professeur de yoga… Les métiers uniques laissent la place à des portefeuilles d’activités, les travailleurs deviennent pluri-actifs et hybrides!

Mais le plus frappant est en matière de contrats de travail. Au-delà de la dichotomie traditionnelle entre, d’un côté, emploi salarié et, d’autre part, travail indépendant, une multitude de nouvelles formes d‘emploi est en train d’apparaître : portage salarial, CDI intérimaire, intérim management, salariés sans patron mais aussi travailleurs indépendants économiquement dépendants (e.g. certains franchisés). Car ces nouvelles formes d’emploi ont une même caractéristiques, elles sont hybrides, à mi-chemin entre salariat et travail indépendant, entre contrat permanent et mission temporaire.

Entre salariat originel et travail indépendant pur existe désormais une zone grise intermédiaire, où règne plus de 50 nuances de gris car chaque forme de travail a sa spécificité ! Le travail est devenu un organisme génétiquement modifié !

Les travailleurs des plateformes numériques incarnent avec paroxysme cette question de la classification de certains actifs, travaillant de façon hybride : sont-ils des salariés des plateformes en raison d’une relation de subordination ou des auto-entrepreneurs libres d’organiser leur travail comme ils le souhaitent ?

Que penser de cette évolution et quelles leçons en tirer ? Il faut tout d’abord reconnaître que le marché du travail est devenu multiple, diversifié, à géométrie variable. La promotion d’un modèle unique et monolithique (le CDI à temps complet) ne fait plus sens, car les attentes sur le marché du travail sont très variées, aussi bien côté entreprise que côté individu. Côté solutions, notre marché du travail devra se réinventer et adopter des mesures visant à réconcilier des contraires : liberté et protection, individu et collectif, flexibilité et durabilité.

Liberté et protection, ou comment redonner plus de choix et d’autonomie aux individus tout en les protégeant dans des parcours plus chaotiques et incertains. Réconcilier individu et collectif, ou comment réinventer la représentation collective des travailleurs devenus plus individualistes, dispersés et nomades. Combiner enfin flexibilité et durabilité, en soutenant le développement d’une diversité de formes de travail tout garantissant l’accès à la protection sociale et le respect des droits fondamentaux quel que soit la nature de sa relation d’emploi. Qui dit marché du travail hybride, dit solutions hybrides !

Cet article est le premier d’une série dont les thèmes sont issus de mon nouveau livre, paru le 18 décembre : plus d’infos ici.

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Covid-19 : Qu’allons-nous faire de cette crise ?

Extrait de ma tribune publiée sur le site de metiseurope.eu. l’intégralité de l’article peut être lue ici.

Denis Pennel, auteur du livre Travail, la soif de liberté qui s’interroge sur les nouvelles formes de travail et d’emploi, réfléchit à ce que nous apprenons tout au long de ce long temps de confinement.

EVLY8n7U0AAEz14La propagation du coronavirus sera la guerre que ni nous-mêmes (si nous sommes nés avec ou après la génération des Babyboomers) ni nos enfants n’avons encore connue. Elle met en lumière que la vie normale peut s’arrêter du jour au lendemain, en raison d’un choc exogène nous privant de ce que nous avons de plus cher (notre famille, nos amis voire notre travail) et de ce que nous tenions pour acquis : possibilité de se déplacer sans entrave, déposer nos enfants à l’école, aller au cinéma, sortir au restaurant, pratiquer nos rites religieux…

Nous sommes bien sûr à mille lieues des destructions massives de la vraie guerre, de l’occupation du pays par une puissance ennemie ou de l’arrestation arbitraire et l’exécution des opposants politiques. Aujourd’hui, la démocratie survit, la liberté d’expression est toujours possible, nous mangeons toujours à notre faim, même si cafés et restaurants sont fermés jusqu’à nouvel ordre.

Mais la comparaison n’est pas complètement inappropriée. Le chef de l’État français l’a répété solennellement : nous sommes en guerre ! Nos libertés individuelles se sont en effet réduites, les usines ont été contraintes de fermer leurs portes pour cause de confinement, certaines ont réorienté leurs chaînes de production vers la fabrication de biens de première nécessité. Au moins ce n’est pas pour fabriquer des chars et des canons ! Et certains rayons de magasin sont vides (temporairement) en raison des perturbations des chaînes d’approvisionnement. Nous redécouvrons que l’accès à la nourriture n’est pas automatique, une situation que la société de consommation effrénée des dernières décennies nous avait fait oublier.

Autre symptôme du conflit, nous vivons à l’heure des annonces quotidiennes des pertes en vies humaines, triste et morbide hit-parade des pays les plus touchés, car comme pour les deux guerres du XXe siècle, l’épidémie est mondiale. Tous les pays sont entrés dans le même combat macabre contre l’ennemi invisible.

Qu’allons-nous retenir de cette épidémie ? Est-ce que les effets de cette crise vont perdurer au-delà de la période de confinement ? Allons-nous reprendre tranquillement nos vies d’avant ?

Si une partie de la société – et de nous-mêmes – avons du mal à supporter le confinement, la réduction drastique de notre vie sociale, la perte d’un emploi, la disparition d’un proche âgé, nous redécouvrons en même temps ce que nous avions perdu de vue : la lenteur, la patience, la frugalité, le silence et le calme dans les villes. En un mot : ce qui nous avait manqué sans forcément nous en rendre compte. Pour beaucoup d’entre nous, la notion de manque avait disparu. Tels des enfants gâtés, nous voulions tout et nous avions (presque) tout ! C’est l’apostrophe inverse de Napoléon à ses soldats durant la campagne d’Italie : « nous manquons de tout, l’ennemi en a ! ». Aujourd’hui, c’est plutôt « Nous ne manquions de rien, le virus nous a rendu l’envie d’avoir envie. » Le virus est de ce point de vue salvateur, et nous amènera à nous poser les bonnes questions une fois le pic de sa diffusion derrière nous et que nous recommencerons à reprendre vos vies normales. L’épidémie devrait questionner ce que voudra dire cette normalité. Consommateurs privilégiés que nous sommes, citoyens d’une société et d’un pays riche, allons-nous nous poser quelques instants pour réfléchir sur l’expérience de ces dernières semaines ? De quoi avons-nous réellement manqué ? Qu’est-ce qui nous a au contraire enrichis au cours de ces jours passés chez soi, au sein de sa famille rapprochée ?

(…)

Le monde du travail post Covid-19 sera un monde où le travail à distance aura été domestiqué pour devenir pratique courante, mais sans subir les inconvénients d’une expérience solitaire et déshumanisée. Les travailleurs bénéficieront d’un accès à des espaces collaboratifs (par exemple des espaces de coworking, pour travailler seul, mais ensemble), partageront des pauses-café virtuelles et continueront à se rencontrer physiquement régulièrement. Ce monde sera celui dans lequel les managers font confiance à leurs collaborateurs, même s’ils sont dispersés et à distance, tout en leur offrant de la flexibilité pour gérer leurs contraintes personnelles. Dans ce nouveau monde, les dirigeants construiront des systèmes pour développer l’agilité et la résilience de leurs organisations afin de résorber les chocs futurs. Cette crise en annonce d’autres… Mais c’est la bonne opportunité pour réinventer aujourd’hui le monde du travail.

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Après le Covid-19, le management ne sera plus le même

Usine Nouvelle du 09 avril 2020 N°3654Extraits de mon interview parue le 8 avril 2020 dans L’Usine Nouvelle. L’intégralité de l’article est accessible ici (abonnés uniquement)

L’Usine Nouvelle. – Qu’est-ce qui vous frappe, en tant qu’observateur des marchés en France et en Europe, dans la situation actuelle ?

Nous n’avons jamais connu un tel choc sur l’activité économique. Peut-être l’entrée en guerre était-elle comparable… Selon l’ONU, un tiers de la population mondiale serait actuellement confiné, c’est véritablement extraordinaire. En 2008, la crise financière n’avait pas été aussi forte, rapide et générale. L’effet sur les marchés du travail est lui aussi inédit. En France, 500 000 emplois ont disparu dans l’intérim en quinze jours, sur un total de 700.000 équivalents temps plein. Même si la situation française est particulière car l’intérim est concentré dans l’industrie et la construction, cela dit quelque chose de la puissance de l’impact.

(…)

On voit aussi que des emplois indispensables ne sont pas forcément les mieux perçus. Cela pourrait changer ?

J’aimerais que l’effet de cette épreuve soit de mieux valoriser dans tous les sens, y compris financier, les métiers de proximité, les services à la personne.Ils n’ont pas toujours une bonne image, notamment en France. Là on réalise à quel point ces professions sont indispensables au bon fonctionnement de la société. Si l’économie ne s’effondre pas c’est grâce à tous les gens qui conduisent des camions, assurent des livraisons, prennent soin des personnes. Regardez sur les réseaux sociaux le nombre de personnes qui réalisent à quel point le métier d’instituteur est indispensable, difficile et demande de vraies qualifications. Vraiment j’espère qu’on ne l’oubliera pas après.

La double journée de travail des femmes –à la maison et dans l’entreprise- ne va-t-elle pas apparaître encore plus évidente ? Cela pourrait changer ?

En l’état c’est difficile à dire. Toutes les études montrent qu’à ce jour les femmes s’occupent davantage des tâches ménagères et des enfants que leurs compagnons. La cohabitation changera-t-elle quelque chose aux équilibres dans les couples, il va falloir attendre pour le savoir.

Ce que je trouve intéressant d’ores et déjà, c’est qu’on retrouve une grande porosité entre la vie domestique et la vie professionnelle, comme c’était la norme avant l’industrialisation au XIXe siècle. On l’a oublié mais les artisans, les paysans, les travailleurs agricoles vivaient dans un monde où travail et vie privée était poreux. Le télétravail ré-introduit ce phénomène et ce n’est pas si simple que ça que de travailler dans un cadre qui jusque-là était dédié à la vie familiale, au repos… C’est ce que vivent de nombreux free-lances. Cela pourrait faire prendre conscience à leur donneur d’ordres des conditions de travail des indépendants et changer leur rapport. Ils comprendront mieux les avantages du travail indépendant, mais aussi ses contraintes, ses difficultés. Dans les circonstances actuelles, il faut rester optimiste.

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